C’était il y a environ…528 ans …..


Pourquoi capitulation ?

  Le 17 avril 1492, les souverains espagnols signent les  » Capitulations de Santa Fé  » . Par ce contrat, ils permettent à Christophe Colomb de traverser vers l’ouest la  » mer Océane  » (l’océan Atlantique).

   Le navigateur génois, alors âgé de 41 ans, rumine le projet de gagner les Indes et la Chine en contournant la Terre par l’Ouest. D’après ses calculs (erronés), il est convaincu que l’océan (l’Atlantique) est moins large qu’on ne le croit et que sa traversée est à la portée des  » frêles navires  » de l’époque.

Christophe Colomb, peint après sa mort par S颡stien del Piombo Colomb a d’abord pris contact avec le Sénat de Gênes puis avec le roi du Portugal en vue d’obtenir un financement de 2 millions de maravedis. Mais les Portugais sont sur le point de contourner l’Afrique    et espèrent arriver aux Indes par l’Est. C’est pourquoi le roi Jean II du Portugal refuse ses offres.

  Veuf, Colomb quitte Lisbonne avec son fils Diego, alors âgé de 5 ans. Il est accueilli au monastère franciscain de la Rabida, près de Huelva, en Espagne, où il reçoit l’appui fervent du père Marchena.

   Celui-ci le recommande à des armateurs de Séville, les frères Pinzon, et lui ménage une première entrevue avec les rois d’Espagne, Ferdinand V d’Aragon et Isabelle Ière de Castille, en 1486, au château de Jaen, où les souverains préparent la conquête du royaume nasride de Grenade.

Isabelle est intéressée mais rien ne se concrétise. Une commission de savants présidée par le confesseur de la reine, Hernando de Talavera, rejette son projet.

Colomb ne se décourage pas. Il s’installe en Espagne et se met en ménage avec une jeune  femme de Cordoue, Beatriz de Arana, qui lui donnera un second fils, Ferdinand, cependant que son frère Bartolomeo se rend en Angleterre pour tenter de convaincre le roi Henri VII puis en France pour rencontrer la régente Anne de Beaujeu. Échec sur toute la ligne.

Christophe Colomb devant Isabelle Ire de Castille, Václav Brožík, 1884.

    Malgré leur ténacité et leur force de persuasion, le navigateur et son frère voient le projet tomber à l’eau ( amusant  » tomber à l’eau  » pour ce projet  ? ) quand survient l’heureuse surprise de la chute de Grenade. La capitale du dernier royaume musulman de la péninsule est tombée le 2 janvier 1492 entre les mains des souverains espagnols, Ferdinand et Isabelle.

Colomb se rend dans leur camp de Santa Fé (la Sainte Foi), à quelques kilomètres de Grenade. Il leur présente une nouvelle fois son projet sans plus de succès et, dépité, prend le chemin de la France !

Pendant ce temps, la reine réfléchit… Après le triomphe espagnol sur les musulmans, le projet de Christophe Colomb n’offre-t-il pas en prime une occasion de damer le pion aux Portugais et de conclure en beauté la Reconquista (la Reconquête) ?

 Elle en parle à son mari et, après moult hésitations, les deux souverains rappellent le Génois !

 Par les  »Capitulations de Santa Fé  » du 17 avril 1492, ils lui accordent le titre très prestigieux d’Amiral, d’habitude réservé à un membre de la famille royale. Le titre concerne toutes les terres et les îles à découvrir, donnant au navigateur le droit d’y exercer la justice et d’y percevoir l’impôt au nom des Rois.

   La générosité des souverains s’explique certes par leur euphorie après la chute de Grenade… mais aussi par la quasi-certitude que l’explorateur ne reviendra jamais de son voyage !

Ma grand-mère et…..maman….


Ce que j’ai perdu est irrattrapable… je ne parle
ni des objets, ni des biens, ni de l’argent mais
des êtres. J’ai perdu des êtres qui étaient pour
moi, sources de soleil. Ce soleil a été mis en terre.
Apparemment mis en terre. Moi je continue
à en recevoir les rayons. Mais je sais aussi en
même temps que c’est une perte et qu’elle est
irrattrapable. Je sais les deux choses.
Que dire de plus ?
Christian Bobin