c’était il y a environ 101 ans …………….

Boooooof…………….
19 janvier 1919 : Jules Védrines  ( aviateur ? )
     se pose sur le toit des Galeries Lafayette !

 

    Ce jour-là, un dimanche, les Parisiens entendent le vrombissement d’un moteur : on tourne la tête à droite, à gauche ; en fait c’est vers le ciel qu’il fallait regarder.      Un avion survole la capitale, il se dirige vers les Galeries Lafayette, et soudain, grâce à une habile manœuvre, il se pose sur le toit du grand magasin. C’est une terrasse qui ne mesure pas plus de 28 mètres sur 12.

Atterrissage de Jules Védrines le 19 janvier 1919

Atterrissage de Jules Védrines le 19 janvier 1919 ( illustration trouvé sur le net .)

    C’était mûrement réfléchi, même si une telle manœuvre est des plus périlleuses. Le pilote s’appelle Jules Védrines : il a relevé l’incroyable défi aux commandes de son Caudron G3. La distance est donc courte pour un atterrissage en règle. Mais Jules Védrines a tenté l’exploit ; il l’a réussi, même s’il a quelque peu endommagé son appareil. Ce défi, ce sont les Galeries Lafayette qui l’avaient lancé aux aviateurs dès 1909.

     À l’époque, on en est aux balbutiements de l’aviation, et les pilotes s’essaient à des acrobaties invraisemblables pour essayer de repousser les limites de la toute nouvelle discipline.

    Jules Védrines sera verbalisé par la police, non seulement pour le caractère dangereux de son atterrissage, mais aussi pour l’infraction que constitue un survol de la capitale. En compensation, il empoche la récompense de 25000 francs promise par le grand magasin…

 
“L’instructeur casse-cou”
    Jules Védrines naît le 21 décembre 1881 à la Plaine-Saint-Denis, dans une modeste famille ouvrière. Élève médiocre, il s’oriente rapidement vers la mécanique automobile balbutiante. En 1905, il entre aux usines Gnome à Gennevilliers où il se spécialise dans la fabrication de moteurs d’avions. Petit à petit, il monte les échelons jusqu’à devenir mécanicien d’essais en 1909. Il est alors au plus haut des ouvriers de l’entreprise. L’année suivante, le 7 décembre 1910, Védrines obtient son brevet de pilote. Il quitte Gnome et devient alors un faucheur de marguerites…
Le 31 mars 1911, Védrines réalise le premier vol aller-retour Paris-Poitiers sans escale. A son arrivée, il reconnut avoir un peu triché, ayant suivi la ligne ferroviaire afin de ne pas se perdre. Quelques jours plus tard, le 24 avril il remporte la course aérienne Paris-Pau. Dans les deux cas, il pilotait un monoplan Morane à moteur Gnome. Le 26 juillet de cette même année, il obtient la deuxième place du Tour de l’Angleterre, une course d’un peu plus de 1600 kilomètres réalisée en six escales. Il n’est devancé que par son collègue et ami André Beaumont. Cette même année 1911, il entame une carrière de postier aérien entre Issy-les-Moulineaux et la côte normande.
    Mais pour Jules Védrines l’année 1911 aura surtout été marquée par le 25 mai. Ce jour là, il rencontre la victoire en Espagne après la plus longue course aérienne jamais organisée jusqu’à cette date, 1170 kilomètres entre Paris et Madrid. Il aura devancer tous ses poursuivants, et notamment ses deux amis Beaumont et Roland Garros. Ce dernier abandonna la course à mi-chemin. Védrines se pose devant une foule de plus de 250 000 badauds dont les plus hautes autorités espagnoles et notamment le roi Alfonso XIII. Lors de son atterrissage, il aurait déclaré à la foule qui l’acclamait et entourait son monoplan :     » Bande de cons foutez moi le camp que je descende !!! Je suis un homme comme un autre  » . Du pur Védrines ………..
   L’année suivante marque la fin de sa collaboration avec Morane, devenu depuis Morane-Saulnier. Védrine passe sur monoplan Déperdussin. C’est d’ailleurs sur un de ses avions qu’il réalise le record du monde de vitesse pure le 13 janvier 1912, atteignant les 145 km/h.
     En 1913, il réalisa une série de vols destinée à relier la France à l’Egypte. Parti non pas de Paris mais de Nancy, il marque des étapes à Pragues, Vienne, Belgrade, Constantinople, Beyrouth, et Jaffa. Il réalisa même un des tous premiers clichés aériens de la grande pyramide de Gyzeh. Ce raid fut réalisé par Védrines sur son monoplan Deperdussin entre le 20 novembre et 29 décembre de cette année.
    L’année 1914 fut marquée par l’entrée de Jules Védrines dans la Première Guerre mondiale. Comme bon nombre d’aviateur d’avant-guerre, il fut en parti instrumentalisé par la propagande de guerre française. Pour le grand public Védrines fut entre 1914 et 1915 un des meilleurs pilotes français, abattant les avions allemands et austro-hongrois » à tour de bras  ». La réalité était assez différente : Car l’homme était mal noté de ses supérieurs, notamment en raison de son franc-parler et de son fort accent de titi parisien. Il avait, dit-on, une fâcheuse tendance à tutoyer son colonel, un officier issu de la longue tradition française.
    En 1916, il fut tout bonnement interdit de champs de bataille, plus pour des raisons procédurières que réellement militaires. Sur ordre direct du général Pierre Roques, le créateur de l’Aéronautique Militaire Française, il fut transféré comme instructeur.               Roques savait que la France ne devait pas se passer de Védrines. Durant cette affectation, il eut l’occasion de former une importante quantité de pilotes dont plusieurs futurs as, tels Georges Guynemer ou Jean Navarre qui lui gardèrent chacun une profonde amitié.
   En cette même année Roques propose à Védrines de remplir des missions particulièrement dangereuses. Aux commandes d’un biplan Caudron G.4 bimoteur désarmé, il doit franchir les lignes ennemies et déposer des espions français et britanniques. Il réalisa au moins une dizaine de ces missions. L’année suivante, en 1917, Védrines proposa à l’Aéronautique Militaire Française d’adapter cette mission pour permettre d’aller faire évader son ami Roland Garros, prisonnier des Allemands. L’état-major refusa la proposition de l’aviateur parisien. Il termina la guerre avec la revendication de sept victoires aériennes, mais l’homologation de seulement trois d’entre elles.
   A peine la paix revenue, Jules Védrines ne mit pas longtemps à faire reparler de lui. Le 19 janvier 1919, il réalisa un des plus beaux exploits de l’histoire aéronautique : poser un avion sur un toit d’immeuble. Sur un Caudron G.3, l’aviateur décida d’atterrir sur la terrasse du grand magasin des Galeries Lafayette, boulevard Haussmann à deux pas de l’Opéra. Il visait la prime de 25 000 francs promise à quiconque poserait mais ferait aussi redécoller de l’immeuble parisien son avion. Toutefois Védrines cassa son train à l’atterrissage et ne put redécoller.
    Quelques semaines plus tard, le 21 avril 1919, l’aviateur réalisa un vol commercial Paris-Rome à bord d’un Caudron C.23 bimoteur, mais victime d’un panne de moteur il s’écrase à Saint-Rambert-d’Albon. Jules Védrines meurt sur le coup. Quelques jours plus tard, il a droit à des obsèques nationales, et est inhumé à Pantin en proche banlieue parisienne. Le cimetière est alors survolé par plusieurs avions pilotés par des as de la Grande Guerre.
    Réputé pour son profond sens de l’honneur et de l’amitié, Jules Védrines était dit-on un bon vivant, parfois rude, mais toujours franc et sincère. Il demeure un des rares grands aviateurs du début du vingtième siècle issu de la classe ouvrière. Aujourd’hui une stèle existe aux Galeries Lafayette pour rappeler son exploit de 1919.

 

 

2 réflexions sur “c’était il y a environ 101 ans …………….

  1. Un superbe coup de publicité comme jamais n’on en avait vu. Une façon de faire connaitre au plus grand nombre les Galeries Lafayette et ce fut réussi !
    Certes l’aviateur fut verbalisé et dut payer une amende mais qu’était-ce à côté de la récompense qu’il reçut

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Yann ,
      C’est ce que j’ai pensé aussi : Un beau coup de publicité pour les Galeries Lafayette ….Il n’en reste pas moins que c’était un exploit pour l’époque ( étant données les dimensions du toit …..Est ce que  »çà  » ne vaudrait qu’une amende de nos jours ? (pour le grand magasin )
      F.

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