La comtesse de Castiglione ?

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Pourquoi cette femme fut elle célèbre ?

  Née sous le nom de Virginia Oldoïni, la comtesse de Castiglione est une femme au parcours pour le moins singulier. En plus d’avoir été l’amante de l’empereur des Français Napoléon III, l’aristocrate piémontaise a, au cours de sa vie, développé une grande passion pour la photographie.
   Cette obsession narcissique qui l’a amenée à être la femme la plus photographiée de son époque  ( on compte plus de 400 portraits ) lui a également valu le qualificatif  de  »la plus belle femme de son siècle ».
Une jeune courtisane
  Fille unique du marquis Filippo Oldoïni Rapallini, Virginia Oldoïni naît à Florence (1837) et reçoit une éducation digne de l’aristocratie piémontaise, en apprenant très jeune le français, l’anglais et des disciplines nobles comme la danse et la musique.

   En plus d’être bien éduquée, la jeune italienne s’illustre particulièrement par sa beauté, au point d’être surnommée  »La Perla d’Italia » (La Perle d’Italie) par ses admirateurs.
   C’est ainsi que, très courtisée, la jeune Virginia (alors âgée de 17 ans) épouse le comte Francesco Verasis de Castiglione (dont c’est le deuxième mariage), héritant du même coup du titre de comtesse.
   Après avoir mis au monde un fils (1855), Virginia se lasse néanmoins de sa vie de jeune maman et se met à mener une vie de séductrice, en prenant pour amants des jeunes officiers locaux et ,  finalement , le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II, lui-même.
  Constatant le charme exercé par sa cousine sur la gent masculine, Camillo CavourCavour  ( un homme d’État piémontais, important partisan et acteur de l’unité italienne. Il est considéré, avec Giuseppe Garibaldi, Victor-Emmanuel II et Giuseppe Mazzini, comme l’un des « pères de la patrie » italienne ). propose à la comtesse de travailler pour les intérêts de l’Italie en allant séduire l’empereur Napoléon III, afin d’exercer une influence sur sa politique.
Emballée par la possibilité de jouer un rôle important dans l’histoire, Virginia accepte et arrive à Paris ,en décembre 1855 , accompagnée de son mari et de son fils.
Si Narcisse était une femme !
   Présentée au couple impérial en 1856, la comtesse ne tarde pas à attirer Napoléon III dans ses filets.
  Dés lors maîtresse régulière de l’empereur, elle s’illustre, par ailleurs, par des scandales qui font parler d’elle dans toute l’Europe :
   Non-respect du protocole, retards répétés aux rendez-vous, accoutrements très osés… la  »Perle d’Italie » fait tout pour se faire remarquer, pour le meilleur comme pour le pire.
  De même, mûe par un narcissisme dévorant, la jeune Virginia noue fort naturellement une relation passionnelle avec la photographie (un art qui n’est alors qu’à ses balbutiements).
  Voulant à tout prix immortaliser sa personne, elle collabore avec l’atelier parisien des frères Mayer et de Pierre-Louis Pierson, durant près de 40 années.
Habillée de ses plus belles robes et de ses plus fastueuses parures, la comtesse est, au total, photographiée sur plus de 450 portraits dont les poses et les prises de vue marquent durablement l’histoire de la photographie.
   Toutefois, elle que l’on perçoit désormais comme  »la plus belle femme de son siècle » finit par lasser son entourage.
   Ainsi, après avoir été écartée par Napoléon III (en 1858), l’influence de Virginia faiblit et ne se matérialise qu’à des occasions très ponctuelles (comme lors de la guerre franco-prussienne de 1870).
   Peu à peu vieille et délaissée, elle meurt finalement dans l’anonymat le plus total (1899), à l’aube d’un nouveau siècle qui semble bien loin de ses fantaisies.

6 réflexions sur “La comtesse de Castiglione ?

  1. Le portrait passionnant d’une femme hors de son temps, une femme libre qui vivait ses passions à fond mais semblait se lasser rapidement.
    Ben que trompé et portant une belle couronne de « cornes », son mari a su se montrer intelligent et se servir de sa femme séductrices pour qu’elle joue un rôle dans la création, l’unification et l’indépendance de l’Italie. Reste à savoir si le fait d’avoir séduit Napoléon « le petit » a permis à Cavour, Garibaldi et Victor-Emmanuel II d’obtenir un peu gain de cause.
    Cette femme libre me rappelle par certains côtés, Olympe de Gouges, une femme féministe utilement, intelligente, cultivée, libre et en avance sur son temps au niveau des idées.
    Cette comtesse de Castiglione, de par ses actes, sa façon de se conduire qui allait contre le protocole et une certaine façon de se tenir dans la haute société ou de se passionner ou un art qui débutait prouve que cette femme, même si elle avait un côté narcissique (comme beaucoup de gens qui cherche à accéder au sommet ou veulent dans les meilleurs dans la haute société) a toujours vécu comme elle le voulait.
    Elle a vécu sans jamais avoir à subir les contraintes tout en faisant fi du « qu’en dira-t-on »

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