» Le Christ moqué  »…….


   Ce tableau  » primitif  »  ( le Christ moqué ) est le tableau  » primitif  » le plus cher au monde ! 

    Lors d’une vente aux enchères, organisée à Senlis le 27 octobre dernier par la maison de ventes Actéon, la peinture « Le Christ moqué » attribuée à Cimabue a été adjugée 24 millions d’euros. Il devient le tableau primitif (ou pré-Renaissance) le plus cher du monde.

Estimé entre 4 et 6 millions d’euros, le chef-d’œuvre a été adjugé en moins de 10 minutes, pour 24 180 000 euros, soit 4 fois plus que son estimation haute ! L’identité de son acquéreur n’a pas été révélée mais des musées faisaient partie des enchérisseurs.  » Ça en fait le tableau primitif le plus cher vendu au monde, ce qui le classe également au 7e tableau ancien le plus cher vendu au monde, après le Salvator Mundi de Leonard de Vinci, le Massacre des innocents de Rubens, un Pontormo, un Rembrandt, un Raphaël et un Canaletto  », a déclaré à l’AFP Actéon, l’organisateur de la vente, qui regroupe des maisons à Senlis, Chantilly, Compiègne, Lille et Paris
 » Le Christ moqué  » de Cimabue (1240-1302)
Un tableau découvert  par hasard :
   Le tableau du maître italien avait été retrouvé début juin lors d’un inventaire dans la maison d’une nonagénaire dans les environs de Compiègne avant d’être expertisé. Le Christ moqué est un tableau de petite taille (25,8 cm sur 20,3 cm), peinture à l’oeuf et fond d’or sur panneau de peuplier, élément d’un diptyque de 1280 dans lequel étaient représentées sur huit panneaux de taille semblable des scènes de la Passion. Il montre le Christ entouré d’une foule d’hommes à l’expression hargneuse et grimaçante.  » Les traces de l’ancien encadrement, les petits pointillés ronds exécutés de la même façon au poinçon, le style, l’ornementation du fond d’or, la correspondance des dos des panneaux et l’état respectif des trois panneaux confirment que ces panneaux constituaient le volet gauche du même diptyque  » , avait expliqué la maison de ventes, après l’avoir fait analyser par le cabinet Turquin, expert pour les oeuvres d’art ancien à Paris.

L’œuvre  faisait partie d’un panneau de dévotion en deux volets qui comptait huit scènes de la passion du christ. Celle ci , intitulée, Le Christ moqué, vient compléter les deux autres connues à ce jour : Flagellation du Christ, qui appartient à la Frick collection de New York depuis 1950 et Vierge à l’Enfant trônant et entourée de deux anges, qui a rejoint la national Gallery de Londres en 2000.

In italiano lol :

Qui était Cimabue ?
   Cenni di Pepo dit Cimabue (1240-1302) est un peintre italien, figure majeure de la pré-Renaissance. Cimabue assure le renouvellement de la peinture byzantine en rompant avec son formalisme et ses codes. Il est connu pour avoir introduit des éléments de l’art gothique, tels que le réalisme des expressions des personnages. De ce point de vue, il peut être considéré comme l’initiateur d’un traitement plus réaliste des sujets traditionnels, ce qui en fait le précurseur du réalisme de la Renaissance florentine. ( On lui connaît tout au plus onze oeuvres exécutées sur bois dont aucune n’est signée.) 

Biographie

Naissance: 1240 – Décès: 1302
   Cenni di Pepo, dit Cimabue, est indiqué par les sources anciennes comme le peintre italien qui marque la fin du style byzantin. Il est l’artiste qui ouvre les portes au naturalisme de l’art de la pré-renaissance. Le célèbre biographe des artistes, Giorgio Vasari (1511-1574), le considère le fondateur de la peinture italienne, et il commence son livre, » Le vite  » (1550), par la biographie de Cimabue.
    Le penchant vers le naturalisme se manifesta bientôt dans l’art de Cimabue. Vasari écrit de lui que, au lieu de se dédier aux études littéraires, inspiré de sa nature, il passait des journées entières à faire des dessins de figures humaines, de maisons et d’autres éléments de fantaisie. Bien que la critique moderne ait démontré que plusieurs détails que Vasari nous a donné à propos de la vie de Cimabue sont le fruit de sa fantaisie, c’est indéniable l’affirmation de l’écrivain arétin concernant le naturalisme que le peintre introduit dans un art encore marqué par l’esprit et les forme des icônes byzantines.
    Cimabue est parmi les personnages que Dante rencontre dans la Divine Comédie; c’est au Purgatoire, où Cimabue raconte au poète qu’il se considérait un maître parmi les peintres, et que Giotto lui vola la vedette et la gloire, en le faisant tomber dans l’oubli. Le poète se réfère à cette légende selon laquelle Cimabue avait perdu sa primauté parmi les artistes italiens en raison du talent prodigieux de Giotto di Bondonne (1267-1337). Vasari, et Ghiberti avant lui, content que Cimabue avait découvert le jeune Giotto pendant qu’il peignait une brebis sur un rocher; il fut tellement frappé par le talent inné de Giotto qu’il le prit dans son atelier à Florence pour s’occuper de son apprentissage. Encore une fois, la fantaisie de Vasari pourrait avoir rajouté quelques détails à la vérité.
   Cimabue fut tout de même un artiste très important à Rome et à Florence. Ses fresques, qui ont été fort endommagées au cours des siècles, ont été toujours bien appréciées : A mentionner la   » Crucifixion et la Déposition  » pour la basilique supérieure de saint François d’ Assise, et encore  »la Vierge avec saint François  », dans la basilique inférieure.    Une des peintures les plus précieuses est la Madone de la Sainte Trinité, à l’origine dans l’église Sainte Trinité à Florence, et dans la Galerie des Offices, à présent. Les peintures de Cimabue ont donné beaucoup de problèmes d’attribution, étant souvent confondues avec les œuvres d’un artiste siennois, Duccio (1255-1319), et à lui attribuées.
    En 2000, deux conservateurs de Londres et de New York ont confirmé la paternité de Cimabue pour deux peintures, la Flagellation et la Vierge à l’Enfant, vraisemblablement réalisées vers 1280. Cela a bien aidé à distinguer l’œuvre de Cimabue de l’art de Duccio, qui, à l’époque, était probablement son rival artistique.
   Pendant une certaine période, la mosaïque de Saint Jean Baptiste, réalisée en 1301 pour l’Œuvre de la cathédrale de Pisa, a été considérée le seul Cimabue qui avait subsisté. La mosaïque fut attribuée à Cenni di Pepo, artiste connue aussi comme Bencivieni di Pepo ou Benvenuto di Giuseppe également.