» Citoyen  » extraordinaire …..


  L’histoire d  ‘ Aymen Latrous S.D.F prouve qu’on peut – être un  » citoyen extraordinaire  »  sans pourtant être….Citoyen ! 

  En 2015 , ce jeune  » sans- papiers  »  tunisien âgé de 25 ans  a sauvé deux enfants et leur mère  d’un incendie  à Fosse dans le Val-d’Oise . Il devait être expulsé, mais vient d’obtenir un titre de séjour d’un an renouvelable

  « La maison était en feu. On est entrés. On a sauvé les enfants. » Aymen Latrous, 25 ans, raconte ça comme ça. Comme si de rien n’était. Ce 10 avril 2015, avec deux copains, il a sauvé d’un incendie deux enfants de 19 mois et 4 ans piégés dans un appartement en feu à Fosses (Val-d’Oise) avec son cousin Aniss et son ami Johnny. Une fois les deux petits remis à leur mère, il a disparu. Trop peur de se faire arrêter. Aymen n’avait pas de papiers.

   Au cabinet d’avocats , dans l’étouffante chaleur de cette fin juillet, Aymen, en jeans et tee-shirt blanc, les cheveux noirs parfaitement coiffés, se montre d’abord un peu tendu. Il n’y a pas si longtemps, le jeune homme plutôt réservé s’est retrouvé noyé sous les sollicitations des journalistes. « Toutes les télés, toutes les radios, et de nombreux médias internationaux nous ont contactés », indique son avocate, maître Philippine Parastatis. 

   L’intérêt pour son cas avait été relancé juste après l’affaire Mamoudou Gassama. Le jeune Malien venait de sauver un enfant en escaladant la façade d’un immeuble parisien du 18e arrondissement. Les images de son ascension étaient célébrées sur tous les réseaux sociaux. Il était reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron en personne, aussitôt régularisé. Mais Aymen Latrous, diplômé en maintenance informatique, était, lui, toujours clandestin. Il était même sous le coup d’un refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français. Son avocate est alors montée au créneau. Cet aîné d’une fratrie de quatre enfants, qui aimerait faire sa vie en France, n’a-t-il pas, lui aussi, sauvé des vies ?
   Son jeune frère de 24 ans et ses deux petites sœurs de 18 et 7 ans vivent avec leurs parents à Grombalia, une ville de près de 25.000 habitants où il a grandi, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tunis. Son père, qui travaillait pour une entreprise allemande de construction automobile, est retraité depuis peu. Sa mère s’occupe des enfants. Récemment, des inconnus qui ont eu vent de l’histoire de leur fils sont venus frapper chez eux. « Ils les ont remerciés pour l’image des Tunisiens et de l’Afrique' », raconte Aymen.
« J’ai confiance en la société française »
   Aymen a quitté la Tunisie en 2013. Après un an passé à travailler à Dubaï à la réception d’un hôtel, il est de retour au pays. Mais ne veut pas rester. « Je n’aimais pas le nouveau système » qui a succédé à la dictature du président Ben Ali, « ce n’était pas stable, j’avais envie de vivre libre ». Il s’en va seul. Commence alors un périple de deux mois dans les Balkans. En Serbie, d’abord, où il se retrouve « coincé », sans argent, avant qu’une famille ne propose de l’héberger. En Hongrie, ensuite, où il est arrêté une semaine. « C’était choquant », dit seulement Aymen en regardant ailleurs. Après quelques jours à l’hôtel en Autriche, il est à nouveau interpellé, en Allemagne cette fois, dans un TGV. Puis il rejoint la France.
    L’arrivée est « un peu difficile », dit-t-il encore pudiquement. Il dort une semaine dans un hôtel de Strasbourg, passe un mois chez un ami lyonnais. Puis il arrive chez son oncle et sa tante, à Fosses, où il trouve enfin un peu de stabilité. Le couple l’inscrit à des cours de français, lui donne « un peu d’argent de poche ». Ménage, jardin… Aymen fait son possible pour leur venir en aide. Il travaille aussi parfois au noir dans le bâtiment, le week-end.
   Nouvelle rencontre avec Aymen et sa tante le lendemain, à la table d’un fast-food du quartier de la gare de Fosses. Myriam ne tarit pas d’éloges sur son neveu. « C’est un garçon très bien éduqué, discret, serviable, toujours prêt à donner un coup de main », confie-t-elle, enthousiaste.
   Dans la rue, un homme vient saluer le jeune Tunisien. Puis un autre. « Tout le monde le connaît ! », lance comme une évidence Olcay depuis le comptoir du Café de la Liberté. « On l’a vu là », dit fièrement le serveur en pointant du doigt son grand téléviseur. Olcay est un des plus proches amis d’Aymen. « C’est quelqu’un de sage, discret, tout cela ne l’a pas changé », dit-il en lui servant un café. Gêné devant tant d’éloges, le jeune homme préfère sortir fumer. Le serveur n’a pas compris l’obligation de quitter le territoire français envoyée à Aymen, malgré l’intervention du maire de Fosses, Pierre Barros, , qui a appuyé son dossier de régularisation en rappelant son acte de bravoure. Ce n’est qu’après la médiatisation de l’affaire, que la préfecture a accepté de revoir sa décision. Olcay n’en démord pas : « S’il y avait eu une caméra ou un téléphone pour filmer [l’incendie et le sauvetage des enfants, , ça aurait changé la donne. » Aymen, lui, dit ne pas ressentir d’injustice :
 « J’ai confiance en la société française, j’aimerais juste qu’elle me donne une chance pour faire ma vie ici. »
   « C’est le genre de personne, très respectueuse, qui s’excuse pendant un quart d’heure du temps que vous lui consacrez », témoigne Pierre Barros, qui juge la différence de traitement entre Mamoudou Gassama et Aymen Latrous « tellement énorme ». L’édile lui avait d’ailleurs remis la médaille de la ville (ainsi qu’aux deux autres sauveteurs).         Aymen était, là encore, inquiet de se confronter aux autorités alors qu’il n’avait pas de papiers. Après avoir extirpé les enfants du feu, il avait eu peur de croiser les secours sur le point d’arriver. « Ils sont partis tellement vite que je n’ai même pas eu le temps de leur demander leur nom », se souvient Laurence, la mère des enfants, qui tenait tant à retrouver les trois jeunes sauveteurs qu’elle avait fait passer un appel dans le journal.
    Le lundi 30 juillet, la préfecture a finalement remis à Aymen un titre de séjour d’un an renouvelable. Quand, enfin, il a eu la petite carte entre les mains, il s’est senti soulagé, mais aussi « un peu abasourdi », rapporte son avocate, après tant de périodes de doutes, d’attente. Me Philippine Parastatis a prévu de reprendre le dossier dès la rentrée.
« C’est un premier combat, mais j’entends poursuivre la procédure de naturalisation, comme pour Mamoudou Gassama. »
    Aymen, toujours un peu inquiet de l’avenir, « remercie la France », espère désormais trouver un emploi et un logement. Laurence, la mère des deux enfants qu’il a sauvés, aimerait pouvoir l’aider dans ses recherches. Elle et sa famille ont gardé avec lui « une relation très forte » : « C’est notre héros. » déclare la famille …

3 réflexions sur “ » Citoyen  » extraordinaire …..

  1. Il serait amplement normal que ce jeune Tunisien soit naturalisé car peu de Français d’origine aurait le courage d’agir comme lui. Malheureusement pour lui, les services de la préfecture et le préfet lui-même ne réagissent qu’en fonction de textes et de règlements. Ils agissent presque mécaniquement, soit disant au cas par cas mais ne tiennent pas compte des cas extraordinaires et des exceptions.
    Ce type de haut fonctionnaires qu’on pourrait croire sans cœur n’agissent avec humanité que si l’affaire fait du bruit sur les médias, qu’elle est relayée sur les réseaux sociaux ou qu’un grand nombre de gens se mobilise pour les faire caler.
    Le même cas a eu lieu à Nantes ou deux Noirs ont sauvé une personne qui se noyait. L’un d’eux a sauté dans l’eau glacée tandis que l’autre le guidait dans le noir. Il a pu ramener sur la rive la personne et ils ont appelé les pompiers. Quelques personnes les ont vus et ont filmé la scène.
    Sans papier eux aussi, le préfet a entendu parler de ces Africains et les a convoqués et les a régularisés provisoirement en attendant une certaine période pour une demande de naturalisation.

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    • C’est mon avis aussi Yann ….
      J’espère que l’administration ( préfet et autres ) oublieront un peu les règlements , ce jeune gars a fait preuve d’un courage exemplaire , n’a pas pensé une seconde à sa situation en essayant de sauver les habitants de la maison en flamme , il n’a  » écouté que son coeur  » .
      Merci
      A bientôt
      F.

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