C’était il y a environ108 ans :


La Joconde a disparu , été volée …..

Au matin du lundi 21 août 1911, à la première heure, le peintre Louis Béroud se rend au Salon Carré du Louvre pour faire une copie de la Joconde, célèbre portrait par Léonard de Vinci  L’artiste l’avait amené avec lui à Amboise et François 1er l’avait acquis pour 4000 écus, une jolie somme.
   Quelle n’est pas la surprise de Louis Béroud quand il découvre que ce petit tableau sur écorce de peuplier (77×53 cm) a disparu. Un gardien interrogé suppose qu’il est peut-être au service de reprographie ! Mais il faut très vite se faire une raison, il a bel et bien été volé. Le scandale est immense. L’opinion publique incrimine la gestion laxiste du musée du Louvre, le relâchement des gardiens, l’indifférence des pouvoirs publics etc. Le Président du Conseil Joseph Caillaux s’en mêle.
  Le Quai des Orfèvres envoie sur place soixante policiers. Le criminologue Alphonse Bertillon multiplie sans résultat les analyses d’empreintes digitales. Le juge d’instruction chargé de l’affaire, Joseph-Marie Drioux (le  »  marri de la Joconde  » écrit la presse) n’hésite pas à emprisonner quelques jours à la prison de la Santé le poète Guillaume Apollinaire qui gardera de l’affaire des séquelles psychiques ! Picasso lui-même est interrogé.
  Le public se passionne pour l’enquête policière. On suspecte un mauvais coup du Kaiser ou pourquoi pas ? un complot juif… Les journaux offrent de belles récompenses mais rien n’y fait.
  Enfin, deux ans plus tard, le voleur se fait prendre en tentant de vendre le tableau joconde retrouvéeà un receleur à Florence le 10 décembre 1913. Le marchand est accompagné du directeur du musée des Offices qui identifie l’oeuvre.
   La police est aussitôt alertée et le voleur arrêté dans son hôtel. Il s’agit d’un ouvrier vitrier italien, Vincenzo Peruggia.Peruggia
  Il avoue  qu’ayant eu à travailler au Louvre, il a volé le tableau pour le restituer à sa patrie, l’Italie ! Il n’a eu rien d’autre à faire qu’à attendre la fermeture du musée, décrocher le tableau, enlever la vitre et le cacher sous sa blouse. Le tableau était depuis lors resté caché dans son logement, dans un quartier populaire du Xe arrondissement de Paris.
  Le voleur écope en définitive de douze mois de prison et n’en effectuera que sept.
  Le 4 janvier 1914, 28 mois après le vol, la Joconde a retrouvé sa place au Louvre où pas moins de 20 000 visiteurs admirent chaque jour son sourire indéfinissable… derrière une vitre blindée à l’épreuve de toutes les agressions et sous le regard vigilant des gardiens.