Jean-Pierre Mocky, » l’anar  »du cinéma français, est mort …..

 Il est mort ce  jeudi à l’âge de 90 ans.

??? Qui était il  ce cinéaste ….

    Jean-Paul Mokiejewski , dit Jean-Pierre Mocky, né le 6 juillet 1933 à Nice, est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur de cinéma français. Il a réalisé plus de soixante longs métrages et quarante épisodes de série pour la télévision.
    Il débute en tant qu’acteur au cinéma et au théâtre. Il joue notamment dans Les Casse-pieds (1948) de Jean Dréville, Orphée (1950) de Jean Cocteau ou Le Gorille vous salue bien (1957) de Bernard Borderie. Mais c’est surtout en Italie qu’il devient célèbre, notamment grâce à son rôle dans Les Vaincus de Michelangelo Antonioni.
    Après avoir travaillé comme stagiaire auprès de Luchino Visconti pour Senso (1954) et de Federico Fellini pour La strada (1954), il écrit un premier film, La Tête contre les murs (1959) et projette de le réaliser lui-même, mais le producteur préfère confier cette tâche à Georges Franju. Il passe à la réalisation l’année suivante avec Les Dragueurs (1959).

    Depuis , il n’a jamais cessé de tourner. Dès les années 1960, il a su toucher un vaste public avec des comédies déjantées comme Un drôle de paroissien (1963) ou La Grande Lessive (!) (1968). Après mai 68, il se tourne vers le film noir avec Solo (1969) dans lequel il montre un groupe de jeunes terroristes d’extrême gauche, puis L’Albatros (1971) qui montre la corruption des hommes politiques.
       Dans les années 1980, il renoue avec le succès avec un film dénonçant, un an avant le drame du Heysel, les dérives de certains supporters de football (À mort l’arbitre, 1984) puis une comédie dénonçant les hypocrisies autour du pèlerinage de Lourdes (Le Miraculé, 1987). Dans les années 1990 et 2000, ses films rencontrent moins de succès mais Jean-Pierre Mocky continue de tourner avec autant d’enthousiasme. 

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Son père, Adam Mokiejewski (1896-1956) , est un juif polonais venu de l’oblast du Terek et sa mère, Janine Zylinska (1897-1968) , une Polonaise de confession catholique . Ses parents s’étaient installés à Nice en 1922. Lorsque la guerre éclate, en 1939, la famille Mokiejewski, qui vit grâce à la fortune polonaise de sa mère, doit vendre la villa du mont Boron à Nice ; elle s’installe à Grasse .

      En 1942, pendant l’occupation allemande, le père cherche à protéger son fils des persécutions contre les juifs et souhaite l’envoyer chez son oncle, en Algérie. Jean-Pierre Mocky est trop jeune pour prendre le bateau seul. Son père fait alors modifier sa date de naissance, qui devient le 6 juillet 1929 . Il renonce finalement à ce voyage et envoie simplement son fils à la ferme . La même année, J. P Mocky fait une première apparition au cinéma comme figurant dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné . Lorsqu’il est collégien, il fréquente le collège municipal de Grasse . L’été, il travaille comme plagiste à l’Hôtel Carlton à Cannes . À l’époque, ses parents sont gardiens d’une propriété . Il se marie en 1946, à l’âge de 13 ans   ??????!!!!!, avec Monique Baudin qu’il avait mise enceinte mais leur union ne dure que quatre mois .
Sa carrière d’acteur (1946-1958) :
   En 1946, il interprète le rôle d’un milicien dans Vive la Liberté de Jeff Musso . Installé à Paris en 1947, il joue au cinéma comme figurant dans quelques films comme L’Homme au chapeau rond. Il gagne sa vie comme chauffeur de taxi, et rencontre, dans son véhicule l’acteur Pierre Fresnay. C’est grâce à lui qu’il décroche un premier rôle au théâtre dans Pauline ou l’Écume de la mer de Gabriel Arout. Pierre Fresnay le prend sous sa protection et le loge chez lui à Neuilly-sur-Seine. Jean-Pierre Mocky est ensuite admis …

   En 1952, il rencontre Michelangelo Antonioni et joue dans Les Vaincus, qui remporte un grand succès en Italie. Il est alors engagé comme acteur par les studios Ponti-De Laurentiis, tourne en 1953 dans Le Comte de Monte-Cristo, sorti en 1954 en Italie et en 1955 en France. Il travaille ensuite comme stagiaire de Federico Fellini sur La Strada (1954) et comme stagiaire de Luchino Visconti pour Senso (1954)18. Il joue dans de nombreux films italiens comme Graziella de Giorgio Bianchi et Les Égarés (Gli sbandati) de Francesco Maselli en 1955. En tant qu’acteur en Italie, il devient vite célèbre. Dans un entretien donné à la revue Cinéma en 1982, il explique :   »J’avais une Ferrari, une maison sur le Tibre, je donnais des réceptions, j’avais un valet de chambre : c’était incroyable   »

    De retour en France, en 1956 : Il rencontre Claude Chabrol, François Truffaut et Jean-Luc Godard en 1958 et sympathise avec eux, mais bien qu’il soit de la même génération que ces cinéastes, il ne fait pas partie de la  » Nouvelle Vague  ». Il ne partage pas les indignations des critiques des Cahiers du cinéma contre l’académisme du cinéma français d’après-guerre  .

  Certains membres de la famille de son père, de confession juive, ont été internés dans des asiles après leur sortie des camps de concentration. Jean-Pierre Mocky a été marqué par leur témoignage et souhaite faire un film sur les asiles. Il découvre le roman d’Hervé Bazin, »  La Tête contre les murs  » et ce dernier lui cède gratuitement le droit d’adapter son livre. Il travaille sur le scénario avec François Truffaut, puis confie les dialogues à Jean-Charles Pichon. Il rassemble Pierre Brasseur, Paul Meurisse, Charles Aznavour et Anouk Aimée, dont il est éperdument amoureux, mais les producteurs ne lui font pas confiance et préfèrent confier la réalisation à quelqu’un de plus expérimenté. Jean-Pierre Mocky contacte alors Alain Resnais, puis Georges Franju, qui réalise alors le film . Jean-Luc Godard, alors critique de cinéma, signe un article dans l’hebdomadaire   » Arts  ‘ et deux articles dans  » les  Cahiers du cinéma  » pour défendre le film. Dans le premier article, il écrit :  »  La Tête contre les murs est un film de fous sur les fous. C’est donc un film d’une beauté folle  » .  Et Godard salue à la fois le scénario de Jean-Pierre Mocky et Jean-Charles Pichon et le jeu des acteurs :  » Franju ne sait peut-être pas diriger ses acteurs. Mais jamais Jean-Pierre Mocky, Anouk Aimée, Paul Meurisse, Pierre Brasseur n’ont été meilleurs, jamais leur diction n’a été plus juste. Ils ne jouent pas. Ils tremblent .  »  Le film est remarqué dans les festivals et remporte douze prix, mais fait très peu d’entrées (45 000)…..

   Après l’échec de  » La Tête contre les murs  », Jean-Pierre Mocky réalise son premier film,  » Les Dragueurs  » en 1959. (  L’idée du film vient de son expérience personnelle ). Il avait lui-même pris l’habitude d’aborder les filles sur les Champs-Élysées avec quelques amis et le terme  » draguer  »  avait été inventé par l’un d’entre eux !!! . Il souhaite d’abord donner le premier rôle à son ami du conservatoire Jean-Paul Belmondo mais la production lui impose Jacques Charrier. Le second dragueur, Joseph, est interprété par Charles Aznavour. Au départ, il a l’idée d’  une fin pessimiste :  ( Freddy (Jacques Charrier) va au bordel avec une femme qui ressemble à Jeanne, la femme idéale incarnée par Anouk Aimée) . Le film est exporté dans 63 pays et rencontre un grand succès public (1,5 million d’entrées). Le terme même de  »  dragueur  » aurait été popularisé par le film. À la suite d’un désaccord avec son producteur, Joseph Lisbona, sur le partage des bénéfices des Dragueurs, il crée en 1960 sa propre société de production,  »  Balzac films  »

    Après un succès (Les Dragueurs) et un échec (Un couple), le cinéaste décide de passer pour de bon à la comédie satirique avec Snobs !. Pour ce film, tourné en mai 1961, il s’entoure de Francis Blanche, Michael Lonsdale, Élina Labourdette et Véronique Nordey. Certaines scènes doivent être coupées pour satisfaire la censure. Le film sort sur les écrans en septembre 1962 et fait peu d’entrées en France (50 000). À l’exception de quelques critiques dont Jean-Louis Bory et Michel Mardore, la presse est défavorable au film. Dans les Cahiers du cinéma, Michel Mardore loue le sens de la démesure du film :
 » Le mérite de Jean-Pierre Mocky, c’est d’avoir prolongé cette bouffonnerie au-delà des limites permises, d’avoir oublié les convenances de l’accord tacite entre le satiriste et l’objet de la satire. Ainsi se trouve transcendé, et enfin chargé d’un pouvoir corrosif, le goût bien français, et sans grande conséquence de la hargne, de la grogne et de la rogne   » 

     À partir du roman  » Deo Gratias   » de Michel Servin, Jean-Pierre Mocky et son scénariste Alain Moury imaginent ensuite l’histoire d’un aristocrate désargenté qui, se refusant à travailler, pille les troncs des églises. Un drôle de paroissien sort sur les écrans en 1963. Mocky souhaite d’abord tourner avec Fernandel mais ce dernier refuse. Sur une suggestion de Michel Servin, il se tourne vers Bourvil. Dans un premier temps, l’entourage de Bourvil est sceptique sur cette collaboration, et décourage le comédien d’accepter la proposition.          Pourtant, la proposition s’avère fructueuse, puisque Jean-Pierre Mocky et Bourvil tournent par la suite trois autres films ensembles. Bourvil accepte même d’être en participation sur le film et aide Mocky à trouver des financements. Le film rencontre un grand succès. Le film se classe six semaines consécutives dans les 3 premiers du box-office national et même n°1 le 24 septembre 1963 . Au total, on compte 2,3 millions d’entrées. Il est ensuite sélectionné au festival de Berlin et distribué en Allemagne !.
     Sur les conseils de Raymond Queneau, Jean-Pierre Mocky adapte La Cité de l’indicible peur de Jean Ray. Avec ce film, il s’essaie au genre fantastique. L’action du roman, qui se situe initialement en Écosse, est transposée à une petite ville du Cantal (à Salers). Bourvil participe à la production du film. Le distributeur ampute le film de certaines scènes et le renomme La Grande frousse. Il sort le 28 octobre 1964 mais ne rencontre pas le succès escompté (680 000 entrées). La critique est très négative et Mocky se fâche avec Bourvil et Queneau après cet échec. En juin 1972, Mocky sort la version complète de La Cité de l’indicible peur et diffuse le film dans les ciné-clubs.
    Il obtient ensuite le soutien de la Columbia pour tourner avec Fernandel. Finalement, la production lui impose aussi le comique allemand Heinz Rühmann. Avec l’écrivain Marcel Aymé, il rédige le scénario de La Bourse et la Vie. Le film fait 625 000 entrées mais Jean-Pierre Mocky n’aime pas ce film.  ( Dans l’entretien qu’il accorde à la revue Cinéma en 1982, il juge sévèrement ce film :  »C’est un film d’une dérision totale qui ne présente aucun intérêt  »  ;  » C’est vrai ! En quoi est intéressante l’histoire de deux types qui n’arrivent pas à se débarrasser de 15 millions19 ?  »  ) . 

   Après mai 68, Mocky se rend dans un bistro où un CRS avait brisé les testicules d’un jeune homme. Il y entend d’autres jeunes, venus dans le même café en hommage au même garçon, parler de poser des bombes pour aller au bout de la   » révolution  » . Il a alors l’idée du scénario de Solo. Le film raconte l’histoire des frères Cabral. L’un d’eux, Vincent, est violoniste sur des bateaux de croisière et vole des bijoux pour les revendre. Son petit frère, Virgile, est étudiant. Révolté par la société telle qu’elle est, il décide de passer à l’action terroriste pour  » marquer les esprits  ». En voulant sauver son frère, Vincent se trouve à son tour poursuivi par la police et finit par mourir. Mocky dit que Solo est né de sa déception de mai 68. Le film est tourné en avril 1969.                        Cependant , le producteur François Harispuru n’accepte de distribuer le film qu’à la   condition que Jean-Pierre Mocky réalise aussi une comédie à succès à la manière d’Un drôle de paroissien. Mocky réalise alors L’Étalon. Solo sort le 27 février 1970, la critique est très positive et le film rencontre un certain succès (660 000 entrées)

 

    Dans ses mémoires  »  M le Mocky   » (2001), il est très évasif  sur sa vie privée et ne raconte que certains détails. On sait que la jeune fille étant enceinte de lui, il a dû épouser à l’âge de 13 ans Monique Baudin, qui a donné naissance à ses deux fils, Frédéric Mokiejewski et Marc Mokiejewski, mais que le mariage n’a duré que quelques mois.
   On sait aussi qu’il a longtemps vécu avec l’actrice Véronique Nordey, dont il a eu un fils, le metteur en scène Stanislas Nordey, né en 1966. En épousant le mannequin Marysa (Marisa) Muxen, il est devenu le père de sa fille, Olivia Mokiejewski, réalisatrice de documentaires.
De 2000 à 2017, il a partagé la vie de Patricia Barzyk.
    En 2005, il affirme dans une interview être le père de dix-sept enfants !.
Les ouvrages qui lui sont consacrés s’intéressent essentiellement à son œuvre, à l’exception de l’autobiographie Mocky soit qui mal y pense (2016), dans laquelle il se livre abondamment sur sa vie sexuelle et sentimentale.

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Après ce  » fouillis  » sans intérêt : Quelques photos :

Moky '' Le Brady '' cinéma acheté ( 1994 ) ( Le  » Brady  » , cinéma acheté par Moky en 1994 )

Mocky 1948 ( Moky en 1948 =à 15 ans )

Moky 2015 (En 2015 = 82 ans ..)

 

2 réflexions sur “Jean-Pierre Mocky, » l’anar  »du cinéma français, est mort …..

  1. Je ne sais pas si ce réalisateur que j’aimais beaucoup pour son inventivité et son culot était un anarchiste mais il fut au moins un cinéaste qui vivait et agissait en dehors des règles imposées par le système du show-biz. C’est sans doute pour cette raison qu’il eut tant de mal à trouver des financements et qu’il resta un pur et un artisan du cinéma.
    Même si les producteurs le boudaient à la fin, les plus grands acteurs ont accepté de tourner avec lui car ils savaient qu’avec Mocky, ils auraient droit à des scenarios de qualité et à des thèmes jamais filmés avant. Ce fut le cas de Gérard Depardieu, Francis Blanche, Catherine Deneuve, de Michel Serrault, de Jean Poiret, Aznavour, Bourvil, Michel Galabru et bien d’autres.
    Ce fut certainement le plus inventif et le plus prolifique des réalisateurs français. A une époque, on peut dire qu’il a sauvé l’honneur du cinéma comique populaire car ce comique à la française, avec lui, est sorti de ses limites pour devenir trivial, politique et agressif.
    Il est vrai que dans l’histoire du cinéma, il s’est trouvé parfois au centre, dans les marges et d’autres fois hors de celles-ci.
    Cet homme a su filmer les dérives et les travers de notre société en les passant à la loupe très grossissante comme ce fut le cas dans Un linceul n’a pas de poches qui mettait en scène un journaliste qui dénonçait les scandales, il nous a offert une critique sociale dans le monde du sport avec l’excellent ”À mort l’arbitre », la bouffonnerie et la satire sociale dans Un drôle de paroissien, la dépendance à la télévision avec « La Grande Lessive » ou la farce joyeusement anticléricale dans le jubilatoire « le miraculé » avec Jean Poiret.
    Comme à la fin le système ne voulait plus de son cinéma, il a fait sans lui et c’est son public qui lui est resté fidèle qui lui a permis de continuer.
    Ce même milieu du cinéma qui l’a rejeté, toujours aussi hypocrite, lui dresse aujourd’hui des lauriers et en parle presque comme un génie.
    D’où il est, non seulement il doit bien rigoler mais doit avoir un grand regard de mépris et de dédain pour ces c …

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  2. Non , je ne pense pas que Moky était anarchiste au sens propre du mot , mais on peut dire qu’il se  » démarquait  » , était hors des normes ( à mon avis )
    Je trouve qu’ il était un  » touche à tout  » , il a réalisé des films comiques , dramatiques , toujours avec sous- jacente , une critique de la société .
    D’accord avec toi : le milieu ciné le porte aux nues après sa mort alors qu’ il a souvent été critiqué , rejeté ..

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