Il y a environ 212 ans……


Le 7 juillet 1807, le tsar Alexandre Ier et l’empereur Napoléon 1er , les deux plus puissants souverains d’Europe continentale, signent un traité secret à Tilsit, une petite ville fortifiée de Prusse-orientale (on écrit aussi Tilsitt).tilsit

   Avec ce traité et celui, public, qui sera signé deux jours plus tard, c’en est fini de la quatrième coalition européenne contre la France qui a vu la défaite de la Prusse à Léna et celle de la Russie à Friedland. Les deux nouveaux alliés se promettent   » paix et amitié  ». Mieux que cela, ils s’engagent sur un partage du continent : à l’Empereur l’Occident, au tsar l’Orient et Constantinople. Mais ces engagements ne dureront guère.!

   Quelques jours plus tôt, le 25 juin, les deux souverains s’étaient rencontrés pour la première fois à proximité de là, sur un radeau au milieu du Niemen, à la frontière de l’empire russe.

   Le tsar, battu à Austerlitz , Eylau et Friedland, souhaite gagner du temps dans la guerre contre l’usurpateur français. Il feint en conséquence de se réconcilier avec lui et il ne lui déplairait pas d’en tirer profit en étendant la domination de la Russie à Constantinople, capitale d’un empire ottoman décati.

    De son côté, Napoléon croit possible d’en finir avec la résistance de l’Angleterre, maîtresse des mers depuis la bataille de Trafalgar, en associant la Russie au  » blocus continental  » destiné à ruiner son économie.

  Il s’agit d’interdire aux Européens de commercer avec les Anglais. Les Espagnols et les Portugais, très dépendants du commerce britannique, y rechignent mais Napoléon ne s’en inquiète pas et se dit qu’il saura les y contraindre le jour venu. Et pour rallier l’Europe du Nord au blocus, rien ne vaut le concours de la Russie…

  Le jeune tsar, qui a 28 ans, soit vingt ans de moins que Napoléon,  ne cache que difficilement une certaine admiration pour celui-ci bien que tout les oppose.        Alexandre est l’héritier très cultivé de la grande dynastie des Romanov et parle français sans accent alors que Napoléon est un homme aux origines communes et aux manières brutales qui conserve l’accent rude de son île natale. L’Empereur des Français nourrit pour le jeune souverain russe une condescendance qui va se muer au fil des rencontres en une affection quasi-paternelle.!!!!

Par le traité de Tilsit : Tilsitz 1807

    Alexandre Ier apporte son soutien à Napoléon dans sa guerre contre l’Angleterre ; il reconnaît l’empire français et les nouvelles frontières de l’Allemagne. Dès le 7 novembre suivant, il rompt ses relations avec l’Angleterre, ce qui provoque comme prévu un début de crise économique dans les îles britanniques.

– En contrepartie de son soutien, le tsar conserve les mains libres dans sa guerre contre la Suède et dans son projet de dépeçage de la Turquie ; il doit toutefois retirer ses troupes de Moldavie et Valachie, deux provinces enlevées aux Turcs un an plus tôt.

– Napoléon démembre la Prusse , crée avec ses dépouilles le royaume de Westphalie à l’ouest et le grand-duché de Varsovie à l’est. Il respecte le voeu du tsar de ne pas dépecer totalement la Prusse, son ancienne alliée. Mais il reste flou sur son projet de restauration du royaume de Pologne, dont ne veut à aucun prix Alexandre.

   L’affaire a tout l’air d’un partage de l’Europe. Napoléon lui-même aurait dit à Lobanov, le représentant du tsar, en pointant du doigt la Vistule sur une carte :  » Voici la limite entre les deux empires… D’un côté doit régner votre souverain, moi de l’autre  ».

  Napoléon Ier semble à l’apogée de son règne avec le traité de Tilsit, trois ans à peine après son sacre !. Mais les embrassades au milieu du Niemen ne laissent guère d’illusions aux observateurs.

Sous-entendus et illusions :

    Beaucoup d’Européens sont réticents pour ce qui est de fermer leurs ports aux navires de commerce anglais ; les habitants des ports et les commerçants commencent à maudire l’occupation française, à commencer par les Russes qui ne peuvent plus exporter vers Londres leur chanvre, leur blé et leur lin. Le tsar rumine son amertume. Il supporte mal la résurrection de la Pologne à ses portes et l’évacuation de la Moldavie et de la Valachie.

   Et Napoléon Ier, trop sûr de son fait, commet la grande erreur de son règne en détrônant les Bourbons d’Espagne avec la même désinvolture que les Bourbons de Naples   le 27 décembre 1805. Il remplace le roi d’Espagne Charles IV par son propre frère Joseph.

   Le peuple espagnol se soulève aussitôt contre l’occupant français et pour ne rien arranger, les colonies espagnoles d’Amérique, s’estimant déliées de leur fidélité au nouveau roi, ouvrent leurs ports et leur commerce aux Anglais.

L’Espagne menace d’ébranler le fragile édifice napoléonien et déjà l‘Autriche redresse la tête. Napoléon a plus que jamais besoin du soutien du tsar. Il l’invite à en débattre à Erfurt, lors d’un congrès européen tout à sa gloire.

  Erfurt :

erfurt

Ce fut  du 27 septembre au 14 octobre 1808 que se réunit un prestigieux congrès à Erfurt, en Thuringe, à l’initiative de Napoléon 1er et tout à sa gloire. Presque tous les souverains allemands y sont présents, ainsi que le tsar de Russie Alexandre 1er. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et l’empereur d’Autriche François 1er brillent par leur absence. Les fêtes s’enchaînent. Talma ? et la Comédie-Française jouent devant un  »parterre de rois »

Derrière la fête, les complots:

L’ambiance est  gâchée par les nouvelles de l’insurrection espagnole. Tout l’édifice européen laborieusement mis en place par Napoléon semble ébranlé. Le  »Blocus continental » destiné à ruiner l’Angleterre risque de ne pas avoir lieu . Et déjà l’Autriche relève la tête

Napoléon 1er veut aller en personne en Espagne combattre l’insurrection mais il a besoin d’assurer ses arrières avec le concours du tsar dont il s’est fait un allié à Tilsit. Dès le 27 septembre, une entrevue secrète est ménagée entre les deux souverains. Elle débouche sur une convention secrète datée  du 12 octobre par laquelle l’empereur demande au tsar de s’engager à ses côtés contre l’Autriche si celle-ci reprend la guerre.

Mais ses efforts sont ruinés par Talleyrand. Après la rencontre de Tilsit, celui-ci a  » troqué  » son portefeuille de ministre des Relations Extérieures contre un titre ronflant mais vain de grand chambellan. Lucide, il est conscient de l’impasse dans laquelle s’engage Napoléon et préfèrerait, dans l’intérêt de la France et de l’équilibre européen, qu’il se rapproche de l’Autriche.

  À défaut de le convaincre, il pousse Alexandre à lui résister. Arrivé à Erfurt un jour avant l’Empereur des Français,il aurait  accueilli le tsar par ces mots : «Sire, que venez-vous faire ici ? C’est à vous de sauver l’Europe, et vous n’y parviendrez qu’en tenant tête à Napoléon. Le peuple français est civilisé, son souverain ne l’est pas ; le souverain de Russie est civilisé, son peuple ne l’est pas ; c’est donc au souverain de la Russie d’être l’allié du peuple français».

Après la fête, la guerre

Napoléon  semble ne se douter de rien. Après le congrès, il part pour l’Espagne. L’Autriche, comme il pouvait s’y attendre, reprend les armes sans que la Russie s’y oppose. Napoléon repasse à la hâte le Rhin et écrase une nouvelle fois les Autrichiens à Wagram le 6 juillet 1809. 

  Il sait alors à quoi s’en tenir concernant le tsar mais tente une nouvelle fois de l’amadouer en demandant un mois plus plus tard l’une de ses soeurs en mariage ! Le tsar se dérobe et Talleyrand en profite pour arranger le mariage de l’empereur avec une archiduchesse autrichienne, Marie-Louise.

Les relations entre Paris et Saint-Pétersbourg commencent à sérieusement se dégrader, d’autant que le tsar voit monter les protestations des commerçants contre le blocus continental qui les empêche de commercer avec les Anglais et dans le même temps s’irrite de la renaissance d’une Pologne indépendante.

Pour s’assurer de la fermeture des ports du continent au commerce anglais, Napoléon annexe peu à peu  tous les États vassaux à la France. C’est le cas de la Hollande, des villes de la Hanse puis le 10 décembre 1810 du duché d’Oldenbourg dont le souverain n’est autre que le beau-frère du tsar. La guerre entre la Russie et la France apparaît inéluctable mais Napoléon, au regret de devoir la mener, va encore patienter dix-huit mois avant de s’y résoudre………….

Si quelqu’un a lu ce billet !!! Chapeau et merci ! ( Moi , ce fut pour mon plaisir , mais…..)

 » Baiser Lamourette  » ?


Encore un 7 juillet !!!!

7 juillet 1792 : Le  » baiser Lamourette  » ( Député qui portait bien son nom ! )
   Le 7 juillet 1792, les gouvernants français sont aux abois :L’ennemi est aux frontières et, à l’Assemblée Législative, à Paris, les représentants de la Nation se déchirent entre  Feuillants, Fayettistes, Brissotins, Montagnards…

assemblée législative

 
   C’est alors que le député Antoine-Adrien Lamourette, évêque constitutionnel de Lyon, monte à la tribune et en appelle à la réconciliation par un discours si émouvant que tous ses collègues tombent dans les bras les uns des autres. Ils réclament la publication de l’appel de Lamourette. Une délégation conduite par Lamourette va même au palais des Tuileries chercher le roi Louis XVI. Celui-ci se rend à l’Assemblée et, attendri, la félicite pour son esprit de fraternité.
    Mais dès le lendemain, au club des Jacobins, refuge des sans-culottes et des révolutionnaires les plus endurcis, Jacques Billaud-Varenne remet les pendules à l’heure :  » À voir certains membres se jeter dans les bras d’autres membres, il me semble voir Néron embrassant Britannicus et Charles IX tendant la main à Coligny  » .
En définitive, le  » brave  » Lamourette mourut sur l’échafaud dix-huit mois plus tard…………… 11 janvier 1794 ,guillotiné…………..

Un 7 juillet encore ……


Il y a environ 581 ans ………..

7 juillet 1438 : « Pragmatique Sanction » de Bourges

  Le 7 juillet 1438, le roi Charles VII publie à Bourges la « Pragmatique Sanction », qui régit les relations entre l’Église gallicane (c’est-à-dire française) et le pape. Plusieurs fois amendé, abrogé et rétabli, ce texte va être l’objet d’une mauvaise application jusqu’au  Concordat de Bologne de 1516. Il n’en constitue pas moins un pas important dans l’émancipation de la monarchie vis à vis du  » Saint-Siège  » .

  Au Moyen Âge, les papes papes au moyen- âge s’attribuaient le droit de régenter les monarchies chrétiennes mais le Grand  Schisme d’ Occident (1378-1417) avait beaucoup réduit leurs prétentions. Charles VII en profite pour enlever au pape  tout ce qui relève de l’administration des diocèses et des abbayes en lui laissant ce qui relève de la foi. Cette manière de voir est ce que l’on appelle le  » gallicanisme  ».……….

   La  » Pragmatique Sanction  » retire ainsi au pape le droit de nomination des évêques et abbés : les évêques sont désormais élus par les chanoines de leur cathédrale et les abbés par leurs religieux. Elle prévoit aussi de supprimer les  » annates  », autrement dit l’année de recette que tout nouveau titulaire d’un siège ecclésiastique (abbé, évêque) devait verser au Saint-Siège. Dans les faits, détournant ces dispositions, le roi et ses familiers vont s’immiscer dans les élections et imposer leur candidat, sans égard pour leurs aptitudes, en vue de s’approprier les revenus des diocèses et des monastères.

çà s’est passé un 7 juillet ….


Il y a environ 604 ans :

Le 7 juillet 1415, le prédicateur tchèque Jan Hus (44 ans) est brûlé vif à Constance, en Allemagne.

  Mais ses idées et ses convictions évangéliques vont lui survivre et même connaître un regain de popularité après sa mort parmi les Tchèques.

Un prédicateur populaire

Jan Hus se rend au bûcher avec la tiare des hérétiques

  Recteur de l’Université de Prague, Jan Hus prêchait en langue tchèque, ce qui lui valait une grande popularité auprès des habitants de Bohème.

   Suite au mariage de la soeur du roi de Bohème Wenceslas IV avec le roi d’Angleterre Richard II, il avait noué des relations intellectuelles avec le réformateur anglais John Wyclif

   S’inspirant de l’enseignement de son homologue anglais, il avait réclamé le retour à la pureté évangélique pour relever une Église en pleine crise, partagée entre plusieurs papes et antipapes.

   Jan Hus bien qu’il fut excommunié en 1412  , poursuit néanmoins sa prédication. Celle-ci  provoque une grande effervescence populaire et même des soulèvements en Bohème et jusqu’en Pologne et en Hongrie. Avec un sauf-conduit de l’empereur Sigismond, le prédicateur se rend à Constance où se tient un concile. Mais là, malgré la protection de l’empereur d’Allemagne, il est condamné pour hérésie, livré au bras séculier et brûlé vif. Sa mort est un commencement…

Des guerres hussites à la Réforme :

   Jan Hus est aussitôt proclamé martyr par l’Université de Prague et, dans toute la Bohème, ses partisans se soulèvent contre la papauté et le Saint Empire romain germanique.

Jan Hus sur le bûcher (d'après le Jena Codex, manuscrit de la fin du XVe siècle, Prague)

    Certains, les taborites (du nom de Tabor, petite ville de Bohème) n’hésitent pas à revendiquer une société de type communiste, fondée sur les valeurs évangéliques.

   Les insurgés tirent parti de la rivalité entre le roi Wenceslas et son frère, l’empereur Sigismond.

   Les guerres hussites se terminent le 5 juillet 1436 avec la reconnaissance de Sigismond comme nouveau roi de Bohème et la confirmation des  » compactata  »de Prague.  (Ce texte du 30 novembre 1433 concède aux hussites modérés le droit de communier sous les deux espèces (l’hostie et le vin)… comme c’est le cas aujourd’hui dans l’ensemble des églises chrétiennes.)

  Malgré leur défaite, les idées hussites vont continuer à se répandre en Europe centrale. Elles faciliteront, un siècle plus tard, le développement du protestantisme.