L’Esperanto ?


     L’espéranto n’est la langue officielle d’aucun État. Il s’agit d’une langue construite, aux origines européennes. Elle fut créée en 1887 par Ludwik Lejzer Zamenhof, un médecin polonais sur la base de différentes langues européennes pour faire face aux difficultés de communication entre les minorités linguistiques présentes dans sa ville de Bialystok, qui faisait à l’époque partie de l’Empire Russe.
   Il publia ”Lingvo Internacia” qui signifie “langue internationale” sous le nom de Docteur Espérant. D’où le nom d’Esperanto. Son but était aussi de faciliter la communication dans le monde entier.
Cette langue a connu un rapide développement dès les premières années. Mais la Première Guerre mondiale a mis un frein à son expansion. Il reprit dans les années 1920 mais la montée en puissance des régimes totalitaires puis la Seconde Guerre mondiale mirent un nouveau coup d’arrêt à son développement.

    Ensuite il y eut à nouveau un regain d’intérêt grâce au travail de l’Association mondiale d’espéranto, et l’ONU et l’UNESCO ont même publié des recommandations en faveur de cette langue.
   Mais c’est surtout avec internet dès les années 2000 que l’espéranto connut un renouveau, certes relatif mais réel. Par exemple la version de Wikipédia en espéranto contient plus de 200 000 articles.
    Aujourd’hui on compte un peu plus d’un million de locuteurs dans 120 pays. Il faut savoir  que l’Esperanto est assez simple à apprendre. En quinze jours, on peut maitriser les bases grammaticales et en un mois on peut parler. Pour nous français c’est encore pus simple puisque 70% des mots ont des racines sont latines ! Certaines universités en Europe et dans le monde proposent même des études en espéranto.
   Aussi certains ont émis l’idée de faire de cette langue une langue officielle de l’Union européenne aux cotés des 24 langues officielles, qui sont les langues officielles de ses Etats-membres. Cela permettrait de pouvoir s’exprimer dans cette langue au sein des institutions.

 L. Lejzer Zamenhof :   

    Médecin oculiste polonais né le 15 décembre 1859 à Białystok (Empire russe, aujourd’hui Pologne), mort le 14 avril 1917 à Varsovie.
Ludwik Lejzer Zamenhof naît dans une famille juive russophone et vit dans une zone de conflit racial et national à la frontière russo-polonaise. Il se consacre à la promotion de la tolérance, principalement en mettant au point une langue internationale. Après des années passées à tenter d’élaborer une telle langue, travaillant sous le pseudonyme de Dr Esperanto, il publie un manuel, Lingvo Internacia (Langue internationale, 1887), qui jette les bases de sa langue. Son surnom, Esperanto (« celui qui espère »), deviendra par la suite le nom de cette langue.
    Parallèlement à sa carrière médicale, Zamenhof développe l’espéranto et réunit ses adeptes. Le premier magazine en espéranto paraît en 1889, et les prémices d’une organisation formelle voient le jour en 1893. Grâce à ses compétences littéraires et linguistiques, Zamenhof met au point et teste sa nouvelle langue en traduisant un grand nombre d’ouvrages, notamment l’Ancien Testament, Hamlet, les Contes d’Andersen, ainsi que des pièces de Molière, de Goethe et de Gogol. Lors du premier congrès espérantiste international, organisé à Boulogne (1905), et des congrès annuels qui suivent dans diverses villes européennes, Zamenhof fait un certain nombre de discours mémorables. Il renonce cependant à la direction formelle du mouvement espérantiste à Cracovie (Pologne) en 1912. Le Fundamento de Esperanto (1905) pose les principes de la structure et de la formation de l’espéranto.

Exemple :

Quel est le nom de cette amusante voiture ?

Kio estas la nomo de tiu amuza aŭto?

 

çà s’est passé il y a environ 90 ans


    Méconnue et troublante, la guerre des  » Cristeros  » a opposé pendant plus de trois ans les paysans catholiques du Mexique à leur gouvernement.
   Elle s’est terminée le 22 juin 1929 par un arrangement (« Arreglos » en espagnol) entre le Saint-Siège et ce gouvernement socialiste et franc-maçon, dont l’intolérance avait entraîné les paysans à la révolte.
    Le représentant du pape demande aux paysans de déposer les armes sous peine d’excommunication ! . Abandonnés, les ex-rebelles vont subir pendant plusieurs années encore les exactions de l’armée.


  Tout avait commencé avec l’élection à la présidence de la République, en 1924, du général Plutarco Calles. Celui-ci consolide les acquis sociaux de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa. Il réorganise l’instruction publique, étend la réforme agraire, nationalise l’industrie du pétrole au grand dam des États-Unis…
   Mais fidèle à une tradition anticléricale vieille de près d’un siècle, il a aussi la mauvaise idée de s’en prendre à l’Église catholique.
   Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu’ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse tous les ecclésiastiques étrangers et interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l’article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !
    L’épiscopat se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l’administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans. Cette riposte ahurissante livre au désespoir les masses rurales, majoritairement indiennes ou métisses, attachées à une religiosité traditionnelle.

exécution d'un prêtre( exécution d’un prêtre ayant célébré la messe  ! )

Les paysans se soulèvent dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, au cri de  » Viva Cristo Rey ! , Viva la Virgen de Guadalupe !  » (Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe).
  Ils sont par dérision surnommés « Cristeros ». Eux-mêmes qualifient leur soulèvement de « Cristiada » (Christiade) mais ils sont désavoués par l’épiscopat, à deux ou trois exceptions près.  Cependant ,avec 50.000 combattants, ils vont constituer la plus importante rébellion qu’ait connue le pays, lequel compte à cette époque moins de vingt millions d’habitants disséminés sur deux millions de km2.
    Trois ans plus tard, l’armée des Cristeros tient les trois quarts de l’ouest du Mexique et la moitié des 30 États de la fédération. Ses escarmouches occasionnent un total d’environ 90.000 tués selon l’historien Jean Meyer, dont les deux tiers dans les troupes gouvernementales, lesquelles sont en infériorité tactique face à la guérilla, malgré leur recours systématique à la terreur.
Arrangements bafoués :
     Le président Calles ose se réconcilier avec le gouvernement des États-Unis et fait des concessions sur le pétrole en échange de l’aide de l’US Air Force dans son combat contre les Cristeros.

   Désespérant malgré cela de vaincre la rébellion par les armes, il en vient à faire appel au Saint-Siège. En témoignage de bonne volonté, il autorise à nouveau le culte catholique le 3 mars 1929 et fait rouvrir la cathédrale de Mexico.
   Enfin, il conclut  »  los Arreglos  » avec le secrétaire d’Etat du pape Pie XI, le cardinal Gasparri, celui-là même qui signa les accords de Latran avec Mussolini.
   À sa demande, le président mexicain s’engage à ne plus tenter d’appliquer les articles antireligieux de la Constitution ! Il donne aussi sa parole que les rebelles seront amnistiés et qu’il ne leur sera fait aucun mal. Mais il ne s’agit que de sa parole. Aucun document n’est signé...
  Obéissants, les Cristeros se soumettent mais, dans les faits, l’amnistie ne sera pas le moins du monde respectée et des centaines d’insurgés seront assassinés dans d’atroces conditionscistéros 4 aussitôt après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque.
   L’armée ne s’en tient pas là. Elle met à sac les campagnes reculées de l’Ouest avec le désir d‘éradiquer une bonne fois pour toutes toute trace de christianisme. Le romancier Graham Greene en  » parle  » dans son roman  » La Puissance et la Gloire  » . Il s’ensuit une seconde guerre des Cristeros (la Secunda), qui réunit quelques milliers de combattants désespérés. Elle va durer de 1934 à 1938 sans qu’il soit possible d’en évaluer le nombre de victimes.
   Il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.
  L’émotion suscitée par « los Arreglos » entraîne la disgrâce du cardinal Gasparri, remplacé à la Secrétairerie d’État (le ministère des Affaires étrangères du Vatican) par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII).