L’as -t – il dit ?

Qui ? Quoi ,quand  : 

   Il est question ici du  » fameux  » mot de Cambronne Cambronne que ce dernier aurait lancé aux ennemis anglais  /  allemands sur le champ de bataille de Waterloo le 18 juin 1815 ( il y a donc environ 203 ans )….Ce jour là en fin de soirée , l’armée française décimée, mise en pièce par l’ennemi battait en retraite vers Charleroi….Comme il était de coutume lors des batailles , une arrière garde ( 3 bataillons de la garde impériale ) marchait sous le commandement du général Cambronne qui dirigeait cette difficile opération stratégique …….

La nuit commençant à tomber , un officier anglais jugeant la situation des français désespérée , cria aux français de se rendre …….C’est alors que Cambronne , furieux aurait répondu à la sommation par un seul mot :  » Mer….e  » !

Cependant ,il semble que ce terme pour le moins scatologique allait bientôt être remplacé dans la légende napoléonienne par une phrase disons …plus  » académique  »  :  » La garde meurt mais ne se rend pas !  »  ( Même Lamartine  expliqua que le juron de Cambronne est une de ces trivialités ,cyniques d’expression, que le soldat comprend , mais que les historiens traduisent ensuite par en phrase de parade ) 

La question reste donc posée pour les élèves , étudiants de toutes époques : Cambronne a t il lancé à la figure des Anglais le fameux mot brutal , énergique ? Ou a-t – il formulé tel un héros antique lol  , la noble phrase que nous lisons dans les livres scolaires ou autres ouvrages d’histoire ?

Il semblerait en fait que , que le général n’ait prononcé ni la phrase ni le mot !!!!

   On pourrait dire que , tel un artiste peintre qui parvient par retouches successives à l’œuvre définitive , la phrase attribuée à Cambronne dut subir plusieurs modifications avant d’être adoptée par l’histoire :

Trois jours ( Le 21 juin ) après la bataille de Waterloo waterloo , Paris appris avec stupeur la défaite de l’armée napoléonienne ; le lendemain les journaux publient une compte rendu de la bataille , mais faire la moindre allusion à Cambronne ! 

Ce n’est que le 24 juin qu’aurait paru dans un journal célèbre le récit de la bataille , en particulier de l’épisode de la réplique du général à la sommation des anglais , enrobé de louanges sur Cambronne et son armée ……..Plusieurs journaux voulurent rendre hommage au général  mais chacun donnant une version de la réplique faite aux Anglais . Finalement après 3 ou 4 jours , la phrase /réplique ayant la plus belle allure la phrase définitive   » la garde meurt mais ne se rend pas  »  sera …disons adoptée car elle  » sonne bien  » , adoptée même par la chambre des députés …..c’est ainsi que Cambronne et sa phrase entra dans la légende napoléonienne .

Cependant , une fois la royauté revenue au pouvoir ( Louis 18 ) , les journaux ( certains par obligation car la censure les y force ) commencent à  » crier bien haut  » que la phrase attribuée à Cambronne n’a jamais été prononcée  allant même jusqu’à ironiser  écrivant qu’il est difficile d’attribuer cette  » mâle   » déclaration au général puisque le général n’est pas mort et s’est rendu  ! Bien que les  bonapartistes aient parait il lutté via la presse ……

Bref , le débat dura longtemps ,une autre théorie veut que ce soit Rougemont ( un journaliste ) qui aurait créé la fameuse réponse qui via le « bouche à oreille  » prit sa forme définitive :  » la garde meurt mais ne se rend pas ! » 

Si la phrase définitive a été  » fabriquée » 6 jours après la bataille de Waterloo , le  » juron  » lui n’obtint son succès qu’une quinzaine d’années après ( vers 1830 ) . Ceci grâce à Victor Hugo lors de la parution de son livre  » Les misérables  » en 1862 . C’était la première fois qu’un tel juron apparaissait imprimé dans son entier …….Avec le parrainage de Hugo , le  » prétendu  » juron de Waterloo allait bien entendu connaître un succès immense ……

  Il y aurait encore beaucoup à écrire sur ce sujet mais pfffffffffff ! Rasoir  par sa longueur  : çà suffira donc !

Petit P.S : C’est le fait que Cambronne ait eu de la chance , du succès qui a amené la légende qui veut que ce mot  » mer… » porte bonheur 

 

 

 

2 réflexions sur “L’as -t – il dit ?

  1. En effet Cambronne n’a jamais prononcé ce mot et encore moins cette phrase. Il fallait cependant entretenir la légende napoléonienne malgré cette défaite et les journalistes mirent du piment dans leurs « reportages ».
    Bien sûr, le grand Hugo qui fut un bonapartiste à ses débuts et dont le père fur un officier qui combattit aux côtés de l’Empereur en rajouta avec son roman « Les misérables »
    Plus tard, lorsque Jules Ferry rendit l’école obligatoire, il fallait rendre la légende d’une nation française unie derrière des grands chefs dont Napoléon . C’est une des raisons pour laquelle même à l’école républicain on ne rectifia rien de ce mot ou anecdote légendaire.

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