L’affaire Benalla suite (avec la vidéo! )


En résumé :

   D’Evreux, où il est né, au Havre, où il a résidé, jusqu’à l’Elysée, le parcours d’Alexandre Benalla reste ponctué de curieuses questions qui rejaillissent en zones d’ombre sur le fonctionnement de l’Etat. Dans quel cadre précis évoluait, place de la Contrescarpe, le 1er mai 2018, l’adjoint au chef de cabinet du président de la République, casque de police sur la tête et brassard police au bras ? Quel est son rôle exact à l’Elysée ? Comment un homme qui n’est ni policier ni gendarme et n’a pas été formé à cela peut-il être chargé de fonctions de sécurité et de protection du chef de l’Etat ? La cacophonie au sommet du pouvoir sur le rôle exact joué par Benalla, ce fameux 1er mai 2018, illustre en tout cas la personnalité à tiroirs de ce conseiller élyséen très particulier.

1er mai : les autorités se renvoient la balle

C’est ce que montre la vidéo !!

   Casqué comme un policier, doté d’un brassard police – qu’il va ôter à un moment donné -, Alexandre Benalla avait été autorisé par la préfecture de Police de Paris à assister aux opérations de maintien de l’ordre, comme le souligne la préfecture : « Il n’est pas rare d’accueillir pour de courtes durées des personnes extérieures à la police pour des opérations de maintien de l’ordre (journalistes, chercheurs, stagiaires…). Ces personnes sont dotées du matériel suivant, permettant d’assurer leur protection: casque, gilet par balles… » Mais pas de brassard police, bien entendu. Et la préfecture de préciser : « Ils doivent se cantonner à un rôle d’observateur. Monsieur Benalla était autorisé par l’Elysée. Dès lors sa présence a été prise en compte par la préfecture dans les conditions définies ci-dessus. ». Les vidéos le prouvent : Benalla – qui n’a pas répondu aux demandes d’entretien formulées sur WhatsApp par L’Express – ne s’est pas cantonné à l’observation des faits et a largement mis la main à la pâte.

L’IGPN, saisie jeudi par le ministre de l’Intérieur, devra déterminer comment l’intervention du collaborateur de Macron a pu s’inscrire dans le dispositif policier mis en place. Le climat sera tendu, objecte déjà David Michaux, secrétaire national du syndicat Unsa-CRS : « Dans l’esprit des CRS présents, le type est un policier de la BAC, il n’est pas du tout identifié comme un civil qui n’a rien à faire là, sinon il aurait été empêché d’agir et aurait été interpellé sans état d’âme. Les CRS sont outrés qu’on tente de leur faire endosser ça. On a découvert l’identité de cet homme comme vous, hier soir ».

    Et de préciser : « Le casque que porte Alexandre Benalla n’est pas un casque CRS, c’est un casque de sécurité publique de la police nationale tout ce qu’il y a de plus banal ». Un haut gradé remet en cause le principe même de la présence en pleine manifestation d’un observateur civil : « Il n’est pas normal qu’on ait un free-lance sorti de nulle part débarquant dans un dispositif CRS. Où était la hiérarchie CRS à ce moment-là ? » En tout cas, c’est panique à bord dans la CRS 15 (basée dans le nord de la France), qui intervenait ce jour-là.

La vidéo :