Cioran :Citations


E.Cioran : Cioran

Emil Michel Cioran
Né à Rasinari (Roumanie) le 08/04/1911 ; Mort à Paris (France) le 20/06/1995

Né dans un petit village de Roumanie, Emil Michel Cioran suit dès 17 ans des études de philosophie à Bucarest. Bien que ses auteurs de référence soient Nietzsche, Schopenhauer ou encore Spengler, il choisit de faire une thèse sur Bergson avant de poursuivre ses études à Berlin. A 22 ans, il publie son premier ouvrage, Sur les cimes du désespoir, qui le propulse immédiatement parmi les références de la littérature roumaine. Cependant, quatre ans plus tard, le succès laisse la place au scandale lorsqu’il publie Des larmes et des saints. C’est d’ailleurs une période trouble pour Cioran qui côtoie un temps les jeunesses fascistes.

Une existence précaire
Installé à Paris dès 1937, il renonce quelques années plus tard à sa langue maternelle pour écrire en français. Il ne retournera d’ailleurs jamais en Roumaine où, à partir de 1947, les communistes interdisent ses œuvres. Ayant terminé sa thèse sur Bergson, il consacre sa vie à l’écriture et à quelques traductions. A travers des ouvrages comme Les syllogismes de l’amertume ou Le mauvais démiurge, il développe une pensée emprunte de scepticisme et fortement influencée par le nihilisme. Reconnu au sein des milieux intellectuels, il fréquente notamment Eugène Ionesco, Samuel Beckett, Gabriel Marcel et Mircea Eliade. Il est toutefois inconnu du grand public, ce qui, faute de travail, le condamne à vivre chichement dans un hôtel puis une chambre de bonne. Symbole de cette existence précaire, il mange au restaurant universitaire jusqu’à ses 40 ans, âge à partir duquel l’entrée lui fut refusée.

A la frontière de la poésie
Cioran publie en 1973 De l’inconvénient d’être né, son ouvrage le plus diffusé en France. Il poursuit la construction d’une pensée non systémique, exprimée dans des textes cours et des aphorismes, à la frontière de la philosophie et de la poésie. Son œuvre est parfois critiquée pour son pessimisme, jugé exubérant et proche de la « pose intellectuelle ». En fait, penseur du tragique de l’existence humaine, Cioran place les « misères du moi » au cœur de ses réflexions, les considérant comme le moteur de la véritable recherche philosophique. Il meurt en 1995 à Paris, huit ans après avoir publié son ultime ouvrage, Aveux et anathèmes.

 

 

“Depuis deux mille ans, Jésus se venge sur nous de n’être pas mort sur un canapé.”

 

“Journal : le besoin de consigner toutes les réflexions amères, par l’étrange peur qu’on arriverait un jour à ne plus être triste…” ( valable aussi pour mes blogs aujourd’hui ) 

“Et avec quelle quantité d’illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour !”

“Un homme qui se respecte n’a pas de patrie. Une patrie, c’est de la glu.”