Démission..


 

Est interdit de salarier un homme
Démission à la moustache du capitaine

Hé patron, prends ça dans ta trompe
Démission unilatérale, démission sans préavis
Démission sans putain de pointage au chômage
Démission point final

Salutations, monsieur, madame
Veuillez accepter ma démission
Là comme ça, scotchée sur tes lunettes de champion mondial du dentifrice

Tous en même temps
Démission massive, démission collective, démission générale

On n’en veut plus de vos virements de radin
On n’en veut pas de votre putain de SMIC à la con
On n’en veut plus d’vos miettes
On ira cultiver la terre, bouffer des racines ou crever sous la lune
Ce qu’on fera peu importe et surtout on vous emmerde
Votre salaire de pièces jaunes, votre putain d’abonnement à la misère
Vous pouvez vous l’rentre dans l’coccyx

Le brut, le net tu peux t’en faire un paquet, tu te l’emballes, tu te le roules en cône
Tu te le fumes avec ton comptable et tout le conseil de masturbation

Comme ça demain, on fait l’mur, on détalle tous, on déclare le rêve général
Nous avons le devoir de désobéir à tous ces marchands de bétail
A tous ces DRH et autres grands prêtres en management, le devoir d’en finir
Vous m’entendez les galériens, on prend sa main droite
On prend une feuille, un stylo, on écrit
« Madame, monsieur, j’ai l’honneur et le plaisir de vous caler ma démission entre les deux parties charnues et avec mon meilleur souvenir »

Démission, vous êtes pas encore partis
L’économie c’est un truc qui sent l’ail
Un truc qui nous rabaisse, un truc qui nous salit
Non on est plus grand qu’ça papy, on a des ailes
Économie, ça veut dire radinerie
Un sou est un sou
Mais nous on s’en cogne
On va tout voler, on va tout donner
Comme ça gratos, ça va vous faire drôle
L’économie c’est la science de l’avarice, le royaume des enculés

Elle attendra l’économie qu’on lui trouve un putain de sens 

« Les Villars  » groupe chanteurs.

La vidéo :

Y. Jamait c’est qui ?


  Après un 1er album «De verre en vers», couronné de succès, et qui l’a révélé au grand public (plus de 60.000 albums vendus), Yves Jamait lève le voile sur son nouvel opus baptisé Le Coquelicot.
  Enfant de prolo de la région de Dijon élevé par sa mère, s’étant frotté au monde ouvrier durant toute sa jeunesse, Jamait découvre aujourd’hui avec ses yeux d’enfant ce succès naissant, alors que ce métier reste pour lui un éternel rêve de gosse.
  C’est en effet très tôt qu’il se prend d’amour pour la « variétoche française », comme il aime à le dire, découvrant Maxime Le Forestier alors qu’il était aide-cuisinier dans une colonie de vacances. Du coup, très vite, il achète les disques du chanteur et s’essaye à l’écriture. Il s’en suivra la création de son premier groupe L’Adam de Sagesse, dont l’existence durera le temps d’un concert avant d’être rattrapé par des années sombres de dérive avec pour seul horizon : les zincs. Ce sera la naissance de son fils qui sera l’électrochoc pour Jamait. Alors ouvrier à l’usine, il rencontre un musicien et crée un trio au nom sans équivoque: » De verre en Vers « . Le groupe tourne dans la région dijonnaise et embrasse un public de plus en plus large.
  A 38 ans, Jamait quitte l’usine et avec sa prime de licenciement – et celles des autres membres du groupe – finance la réalisation dudit premier album autoproduit, De verre en vers. Ce premier galop d’essai, passé auprès du public avec brio, Yves Jamait nous dévoile désormais son nouvel opus baptisé Le Coquelicot.
  Cet album plus sombre, selon les propres termes de cet enfant de prolo, met en lumière la personnalité torturée de ce saltimbanque écorché, à la tendresse sincère, casquette irlandaise éternellement vissée sur la tête, devenu chanteur sur le tard.
  A l’écoute de l’album, on pourrait penser  tout simplement cueillir ces 15 nouvelles chansons comme l’on cueille ce charmant sourire vermillon que la nature en fête adresse aux hommes ? Un gentil coquelicot ? Loin de là.
  Ici, le coquelicot n’est pas que gentil, c’est le rouge étendard des étés inondés de soleil; c’est la tâche de sang clair des moissons d’or.
 C’est le symbole de la vie, de la joie, de la plénitude, du bonheur, à l’image de son interprète, mais c’est aussi sa face sombre : une fleur rebelle qui peuple non seulement les blés mûrs, mais aussi tous les terrains vagues, toutes les cultures. Indomptable comme lorsque le coquelicot pousse en gros massifs frémissants sur les flancs des collines.
  Et plus encore : c’est aussi le cousin en habit éclatant du pavot oriental aux « vertus dormitives » qui calme, adoucit, mais ne tue jamais.
« J’aime cette fleur, explique Yves Jamait, car c’est une fleur rebelle qu’on ne peut pas mettre en pot ni en bouquet ». Comme à son image : celle d’un artiste qu’on ne peut pas museler ni mettre en cage.
  Et, de reprendre : « J’aime le rouge du coquelicot, cette couleur étendard. Et puis, le coquelicot, c’est aussi le pavot et cela ressemble à un sexe de femme. Bref, toutes ces métaphores me plaisent et résument bien l’album ».
Un album de composition réaliste qui, une nouvelle fois, procure des émotions brutes, indicibles, avec des textes burinés par la vie et l’envie de piquer juste et au cœur.
  On y découvre plus que jamais les fêlures d’un artiste attachant, cabossé par la vie, à la voix de râpe, comme rétamée par l’enclume des zincs trop longtemps fréquentés et qui trahit parfois mal une voix éreintée par la cigarette. Du vécu.
  Jamait chante la vie, son quotidien et ses galères avec une interprétation déchirante atypique. Des rengaines réalistes et populaires, écloses sur les pavés des cités sombres, qui racontent l’amour perdu, les adieux merdeux, la fraternité, la vie des zincs, des cirques, la complainte d’un clown, les déboires d’une vie de dézingué avec cette pudeur qui sied aux poulbots de culture ouvrière.
Les chansons
Tout l’univers de Jamait y figure : des amours détroussées comme dans L’Adieu merdeux (« Il est un peu merdeux ton adieu / C’est vraiment l’plus merdeux des adieux…Je te préfère dans tes silences immobiles, comme deux cœurs arrêtés / Déposés là, comme des distances entre nous, pour l’éternité ») ou le superbe Qu’est-ce que tu fous ? sorte d’appel vibrant au retour de l’être aimé. (« Qu’est-ce que tu fous sans moi ? / Qu’est-ce que tu fous là-bas ? / Tu dois avoir, j’imagine, une raison à toi pour ne pas être là / Je suis sûr qu’il t’embobine / Je suis sûr qu’il te regarde avec, au fond des yeux, des promesses d’amour / Quel que soit le serment qu’il farde, tu n’y vois que du bleu dans cette basse cour ») ;
Ou encore des amours tangentes qui ne tiennent qu’à un fil comme la chanson L’Equilibre (« Tu me dis que je perds l’équilibre sur le fil du temps / Que je serai plus facile à suivre à mon enterrement / Que le vin qui m’enivre à de mauvais relents »).

  Jamait nous livre également sa « poétique des bistrots », avec la reprise de la chanson d’Aznavour (une de ses idoles), La Salle et la Terrasse ainsi que dans la chanson Jean-Louis ou le monologue du client (« Boire, ça réchauffe le cœur, même si ça nique le foie./ Pour sortir d’la torpeur que veux-tu, je bois / Allez mon vieux Jean-Louis, sers m’en donc une dernière, je m’sens un peu aigri, pour tout dire, j’suis amer »).

  Mais Jamait chante également la vie, éclairant d’un jour cru son expérience de « cette chienne de vie », qui ne l’a pas toujours ménagé, à l’instar de la chanson C’est la vie, une des plus courtes mais assurément la plus percutante : « C’n’est pas moi qui suis aigri, c’est la vie qu’est mortelle, qui te sort du nid et te rogne les ailes ». Tout est dit.

  Une émotion qui atteint son paroxysme lorsqu’il interprète Vierzon, chanson dédiée à son père, en écho à Barbara, Béranger et Brel. « J’ai retrouvé mon père il y a 2 ans, je ne l’avais jamais connu. On m’a appelé pour me dire qu’il était mort, vers Vierzon. En allant là-bas, j’ai touché pour la première fois un mort et j’ai découvert mon père. Cela m’a suffisamment bouleversé pour que j’en fasse une chanson.»

  Jamait ponctue l’album avec Dijon, sa ville de naissance, ville avec qui il nourrit une relation d’amour – agacement (« Je te salue, ma belle Dijon, ô maîtresse burgonde/ Je te salue, ma vieille Dijon/ Et nulle part au monde je n’aurais voulu naître./ Bien sûr tu as exacerbé mes aigreurs de jeunesse/ Mais tu es longue à décoincer, à te bouger les fesses/ Aussi, j’ai voulu te quitter pour une autre, plus littorale/ Bien que la fille fût dessalée, me manquait mon canal/ Et vois-tu, je suis revenu, ma précieuse bourgeoise/ Et je ne te quitterai jamais plus pour une plus grivoise »). Sorte de Toulouse à lui.

  Jamait peint les images de notre société sans contestation sirupeuse.
Il va chercher au tréfonds de nos sentiments les plus intimes pour nous les restituer avec opulence, redonnant à la culture populaire ses plus beaux blasons avec, en filigrane, cette impérieuse urgence à donner de l’émotion brute,
qu’elle fasse sourire, pleurer, se rebeller, voire se révolter.


Les paroles :

J’écrase une cigarette à moitié pas finie
Dans le bol d’habitudes décaféinées
Le temps est comme moi, incertain et tout gris

Il est sept heures et quart, il est temps d’y aller
Il est sept heures et quart, il est temps d’y aller

Je referme la porte sur l’appartement vide
Et, le pied machinal, je descends l’escalier
Ce rituel commence à se faire des rides
Et moi, je fais celui qui l’a pas remarqué

Et moi, je fais celui qui l’a pas remarqué

Et ainsi, tous les jours, je me noie dans les autres
Dans le bus abruti qui me mène au boulot
Il faut savoir aimer la vie qui est la nôtre
Et se dire qu’on évite les problèmes conjugaux

{Refrain:}
Je vis tout seul, je parle tout seul
Je dors tout seul, je rêve tout seul
Je vis tout seul, je parle tout seul
Je dors tout seul, je baise tout seul

Et je vais retrouver mes collègues de bourreaux
Qui m’aident à tuer le temps, ces heures que j’assassine
Minutieusement, je s’rai comme ce bibelot
Que la poussière recouvre et les années patinent
Que la poussière recouvre et les années patinent

Un peu plus tard, j’irai devant une chaise fade
Bouffer un croque-madame parce que j’aime bien le nom
Chez le Turc d’en face où d’autres cœurs en rade
Pérorent leur solitude en levant le menton
Pérorent leur solitude en levant le menton

Il faudra que je pense à acheter des rasoirs
Une demi-baguette, des piles pour la radio
J’ai pas le temps, ça peut bien attendre ce soir
Là, j’ vais chercher fortune dans un Rapido

{au Refrain}

Vendredi soir, j’irai dépenser mon ennui
Errant à la recherche d’autres solitudes
Égarées comme moi et la soirée finie
Se fera dans les bras vides de l’habitude
Se fera dans les bras vides de l’habitude