En fumée………(sans bout doré pour moi )


illustrationsLa cigarette

Aujourd’hui le temps est épouvantable :
Il pleut et mon coeur s’embête à pleurer.
J’ai pris, d’un paquet traînant sur ma table,
Une cigarette au fin bout doré ;
Et j’ai cru te voir en toilette claire
Avec tous tes ors passés à tes doigts,
Traînant par la vie, élégante et fière
Sous les yeux charmés du monde et de moi.n

Ah ! la bonne cigarette
Que j’ai fumée…
Pourtant mon coeur la regrette,
O bien-aimée !
Ah ! la bonne cigarette
Que j’ai fumée…
Pourtant mon coeur la regrette,
O bien-aimée !

J’ai pris une braise au milieu des cendres
Et je me suis mis alors à fumer
En m’entortillant dans les bleus méandres
De ma cigarette au goût parfumé ;
Et j’ai cru sentir passer sur mes lèvres
Un baiser pareil aux baisers brûlants
De ta bouche en feu, par les nuits de fièvres
Où je m’entortille entre tes bras blancs.

J’ai jeté ce soir parmi la chaussée
Cigarette morte au feu du tantôt ;
Un petit voyou qui l’a ramassée
Part en resuçant son maigre mégot ;
Et, devant cela, maintenant je pense
Que ton corps n’est pas à moi tout entier,
Que ta chair connaît d’autres jouissances
Et que je te prends comme un mégottier.

Gaston Couté

Billet publié sur F.B par…..Manon fille d’agriculteur..


agriculteur

 

J’ai été  » ému  » alors ….je partage …
   Mon père, 53ans, est agriculteur dans une petite ville de Bretagne. Certes, il y en a beaucoup dans ce cas, même si ce nombre ne cesse de baisser.
Certes, il y a d’autres métiers plus difficiles que celui là, plus physiques, qui touchent à la santé, à la protection. Mais j’ai peur pour l’avenir.
Et oui, à 16ans, j’ai peur pour l’avenir. Quelle idée! J’ai peur de ce que les petites fermes de campagne vont devenir.
Elles sont ancrées dans nos paysages, ont héritées de nos parents, de nos grands-parents, voire de nos grands-parents.
  Elle font partie de notre patrimoine! Que va devenir mon père, quand il n’y aura plus que des fermes de 1000 vaches, des usines de poudre à lait, ou encore des steaks totalement chimiques?
De plus, l’Etat, ainsi que l’Europe, leur donnent de moins en moins d’aides.
Que penser, quand nous entendons tous les jours, à la télévision ou à la radio, que le prix du lait ne cesse de baisser, passant sous la barre des 30centimes au litre?
   Connaissez-vous beaucoup de personnes, qui après une semaine de travail déjà difficiles, sacrifieraient leurs week-ends en amoureux, leurs vacances en famille, pour nourrir des individus qui n’ont aucune considération de leur travail, qui cherchent toujours à trouver le prix le plus faible pour manger, en ignorant leur provenance, quitte à endetter les agriculteurs français?
Seriez-vous prêt à vous installer dans une exploitation, lorsque tout votre entourage ne vous le conseille pas?
  Seriez-vous prêt à vous engager dans une nouvelle vie, avec ses avantages et ses inconvénients?
Seriez-vous prêt à suivre votre vocation, alors que l’avenir ne semble pas être à votre avantage?
Et oui, à 16 ans, j’ai peur pour l’avenir. Sauvez les agriculteurs français, mangez français!
Manon, fille d’un agriculteur Breton.