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Avant de dormir ( essayer )


Veillée d’avril

Jules Laforgue

Il doit être minuit. Minuit moins cinq. On dort.
Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves,
Et moi, las de subir mes vieux remords sans trêves,
Je tords mon cœur pour qu’il s’égoutte en rimes d’or.

Et voilà qu’à songer me revient un accord,
Un air bête d’antan, et sans bruit tu te lèves
Ô menuet, toujours plus gai, des heures brèves
Où j’étais simple et pur, et doux, croyant encor.

Et j’ai posé ma plume. Et je fouille ma vie
D’innocence et d’amour pour jamais défleurie,
Et je reste longtemps, sur ma page accoudé,

Perdu dans le pourquoi des choses de la terre,
Ecoutant vaguement dans la nuit solitaire
Le roulement impur d’un vieux fiacre attardé.

Jules Laforgue

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2 Réponses

  1. très beau poéme
    j adore !!très bien écrit
    bonne journée Francis avec amitié

    J'aime

    27 avril 2016 à 10 h 06 min

  2. Le soleil a pris la place de la neige, mais le thermomètre est bas ! Bonne journée

    J'aime

    27 avril 2016 à 10 h 42 min

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