Incitation à la haine raciale…………..


Que risque « la Lepen  » ?
Marine Le Pen à Moscou, le 19 juin.

Une marche de plus vers le tribunal correctionnel pour Marine Le Pen. Le Parlement européen a en effet accepté, mardi 2 juillet, de lever l’immunité parlementaire de l’eurodéputée d’extrême droite à la suite d’une demande de la chancellerie française en novembre 2012.

La justice française souhaite en effet l’entendre dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Lyon pour « incitation à la haine raciale », après une plainte déposée par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP). L’association dénonce des déclarations tenues par Mme Le Pen le 10 décembre 2010 à Lyon.

Devant des adhérents du Front national, celle qui était alors candidate à la présidence du FN avait  alors  compré les prières de rue des musulmans à l’occupation allemande durant la deuxième guerre mondiale.

« Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup. C’est une occupation de pans de territoire. Certes, il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats, mais elle pèse sur les habitants. »

Le 18 juin de la même année, elle avait déjà évoqué les mêmes prières en affirmant que « très clairement, comme en 1940, certains croient se comporter dans la France de 2010 comme une armée d’occupation dans un pays conquis ».

UNE TRIBUNE POLITIQUE AU TRIBUNAL

Les propos de Marine Le Pen lui vaudront-ils pour autant une condamnation ? « Juridiquement, le terme ‘occupation’ n’est pas forcément inapproprié », souligne en effet l’avocat pénaliste Grégory Kagan, qui estime que cela pourrait constituer une ligne de défense pour les avocats de Mme Le Pen. En droit administratif, une manifestation non autorisée par la préfecture est en effet désignée comme « une occupation illicite du domaine public ».

« Il peut donc y avoir débat devant le tribunal, qui deviendrait alors une tribune politique » pour Mme le Pen, souligne Me Kagan. Pourrait s’ensuivre un procès en appel, voire devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). La présidente du FN pourrait en effet invoquer devant cette dernière des « atteintes à sa liberté de parole ». Avant même la levée de son immunité, elle avait déjà affirmé lundi sur LCI que l’on voulait l’incriminer pour un « délit d’opinion ».