Elle est entrée dans l’église S.Lama


Le texte

LA FILLE DANS L’ÉGLISE

Serge Lama – Alice Dona, 1978

Elle est entrée dans l’église,
La cigarette à la main,
Les seins nus sous la chemise,
Et l’air de s’en foutre bien.

Elle est entrée dans l’église,
La cigarette à la main,
Les seins nus sous la chemise,
Et l’air de s’en foutre bien.

Elle a regardé l’église
Avec ses yeux délavés,
En caressant sa chemise
Pour s’aider à mieux rêver.

Elle a jeté la cigarette,
Parce qu’elle lui brûlait la main,
Sans même baisser la tête;
C’est son pied qui l’a éteint.

Mais qui donc, qui donc était elle?
Parmi ces statues, ces saints,
C’est elle qui avait des ailes,
Elle qui parlait latin.

Allez donc dire à vos papes,
À vos saintes sacristies,
Que j’ai vu une fille en savates,
Qui ressemblait à Marie.

Qu’elle est entrée dans l’église,
La cigarette à la main,
Les seins nus sous la chemise,
Et l’air de s’en foutre bien.

Elle est entrée dans l’église,
La cigarette à la main,
Les seins nus sous la chemise,
Et l’air de s’en foutre bien…

Vivre…………


Ce n’est pas que je veuille mourir (quoiqu’il faudra bien ) mais la vie ,ma vie ,…….C’est çà!

Et puis on s’aperçoit :

On arrive tout nu
Un matin au portique,
Parmi tant d’étrangers,
On est un inconnu
on découvre la vie
Tout comme une Amérique
On a soif d’être vieux,
Avant d’avoir vécu

Et puis, on s’aperçoit
Que partir, ça sert à rien,
Et puis, on s’aperçoit
Que de rester, ça sert à rien,
Alors, on reste,
Alors, on reste, n’importe où.

On se trouve un matin,
On est deux, face à face,
On se trouve un matin
Deux dans le même lit,
On découvre l’amour,
On lui cède la place,
Mais il fait la valise
Avant qu’on ait compris

Et puis, on s’aperçoit
Que d’être deux, ça sert à rien,
Et puis, on s’aperçoit
Que d’être seul, ça sert à rien,
Alors on fait, alors on fait,
N’importe quoi !

On rencontre un matin
Quelqu’un qui nous ressemble,
Un qui est étranger,
Parmi ces étrangers,
On échange des mots,
Et quelques verres ensemble,
A cet instant, on croit
Que la vie va changer

Et puis, on s’aperçoit
Que de parler, ça sert à rien,
Et puis, on s’aperçoit
Que de se taire, ça sert à rien,
Alors on dit, alors on dit,
N’importe quoi.

On se trouve, un matin,
Tout nu devant sa glace,
Devant son ombre morte,
On est presque étranger,
On se retourne un peu,
Mais le passé nous glace
Et on s’étonne alors,
D’avoir tellement changé,

Et puis, on s’aperçoit
Que le passé, ça sert à rien,
Et puis, on s’aperçoit
Que l’avenir, ça sert à rien,
Alors, on meurt, alors, on meurt
N’importe quand !