Ne serait ce que pour les mots dits par Mr Léo…..

Personne n’est obligé d’aimer Mr Ferré ,mais là :Au début ,son « humour » !!!!!!

Le texte de A.Rimbaud « Les assis »

Les assis

Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues                         ( N.B: « Sinciput « =Sommet de la tête )
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;

Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S’entrelacent pour les matins et pour les soirs !

Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau,
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.

Et les Sièges leur ont des bontés : culottée
De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;
L’âme des vieux soleils s’allume, emmaillotée
Dans ces tresses d’épis où fermentaient les grains.

Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,
S’écoutent clapoter des barcarolles tristes,
Et leurs caboches vont dans des roulis d’amour.

– Oh ! ne les faites pas lever ! C’est le naufrage…
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.

Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves,
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,
Et leurs boutons d’habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l’oeil du fond des corridors !

Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l’oeil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir.

Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l’aurore au soir, des grappes d’amygdales
Sous leurs mentons chétifs s’agitent à crever.

Quand l’austère sommeil a baissé leurs visières,
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;

Des fleurs d’encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu’au fil des glaïeuls le vol des libellules
– Et leur membre s’agace à des barbes d’épis.

3 réflexions sur “Ne serait ce que pour les mots dits par Mr Léo…..

  1. Peu de ceux qui lisent ce poème d’Arthur savent que c’est avant tout un poème de révolté et de jeune qui se refusait à suivre le chemin qu’on voulait lui faire suivre. Cet écrit est une critiques ironiques et amère de l’institution scolaire. Même s’il fut un de nos plus grand poète, il ne vient pas à l’idée ds lecteurs que ce jeune homme avait l’école en horreur et ne supportait pas la discipline qui y était imposée. i mes souvenirs sont exacts, ce poème est au coeur de sa révolte, une révolte si violente qu’il refusera de retourner au collège où il se trouvait..

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  2. Non seulement Ferré avait de la culture mais il possédait l’art de l’humour ! J’ai vraiment apprécié sa petite tournure sur la poésie. Quant à « Les assis », il me semble qu’il n’y avait que lui ou Brel pour interpréter avec autant de brio cette oeuvre.

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  3. Bonjour Yann
    Heureux de te voir « chez moi » ;en effet A.Rimbaud (ardennais comme moi lol ) et Léo Ferré avaient un point commun outre la poésie :Ils étaient tous deux des révoltés chacun l’exprimant à sa façon…O.K pour dire qu’il n’y avait que Ferré ou Brel pour interpréter « les assis  » critique du système scolaire « guindé »
    A bientôt

    F.

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