Encore ….Puis je monte dormirrrrrr…….

« La valse à mille temps » de Brel ????

Qui sont -ils  : (pris sur le Net)

En somme, il s’agit simplement de deux hommes et d’un piano. Un acteur-chanteur qui interprète ses textes, un pianiste qui compose la musique.

 

Sobriété et dépouillement, pensez-vous. Erreur. Ces deux diables d’hommes déclenchent une tempête fantasmagorique qui emporte avec jubilation huissiers, fonctionnaires, flics, poète torturé, racaille des bas-fonds, savants fous et bourgeois «caviardisant».

 

 

 

Au croisement du théâtre et de la chanson française, le cabaret expressionniste du duo français Le Cirque des mirages est à la fois excessif et poétique, très musical et subversif. Amateurs de Brel, de romans russes très sombres, d’ambiances cauchemardesques et de personnages bizarres, courez au studio-théâtre de la Place des Arts. Il ne reste qu’une représentation, ce soir, et la salle est minuscule!

 

Dès l’entrée en scène, Yanowski en impose. Tout de noir vêtu, le colosse aux yeux noircis apostrophe le public. Les gueux et les chiens, c’est maintenant qu’ils vont payer, dit-il. «Le pognon, c’était pour le ticket!»

 

Autant le pianiste et compositeur Fred Parker est impassible, autant Yanowski dégage une intensité à faire peur. Avec des gestes grandiloquents, des silences étudiés, une énergie folle, il fait naître un monde où on pourrait croiser Dostoïevski, Kafka, Boulgakov, Poe ou Brecht.

 

Jacques Brel

 

Yanowski aime Jacques Brel. On le voit et l’entend. Cela pourrait sans doute agacer si les textes, la musique et l’interprétation n’étaient d’une si grande qualité. Le piano évoque parfois Satie ou Debussy, quand il n’emprunte pas des rythmes de jazz. Le Steinway vibre encore des cavalcades tumultueuses et envolées atmosphériques de lundi soir.

 

Et l’humour, dans tout cela, puisque nous sommes bien dans un festival du rire? Après quelques chansons, Yanowski glisse à son comparse: «Là je crois bien qu’on les a angoissés», et enchaîne avec une chanson «lumineuse» qui s’avère crue et anticléricale, un pied de nez à Benoît XVI.

 

«Votre Jules César ressemble fort à notre feu voisin», glissera plus tard une dame à un inquiétant docteur récompensé pour avoir amélioré le QI du service de police en greffant une cervelle de poulet à un policier…

 

L’approche est rétro, mais le message toujours actuel: la mort, l’amour, l’angoisse, l’impuissance des simples citoyens. On écorche le président de «l’empire français», les flics en civil qui s’en prennent aux «artistes en exil» du métro. Et que penser de ce poète qui préfère les «plaisirs interdits» et passe une nuit avec une femme impalpable, un fantôme de prostituée? «Je jouis dans le néant», conclut-il. En troquant le bordel pour un écran d’ordinateur, il n’y a pas plus contemporain.



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