Un moment agréable à la télé (rare)


 

L’un, dans le jardin, ramasse des noix, cultive des patates, fauche l’herbe. L’autre, dans l’atelier, dessine des noix, des patates, de l’herbe. Après le travail, ils parlent (ils disent « batailler »).
L’un est le patron, l’autre l’employé. Mais ils sont pays et tous deux s’interrogent sur le beau (« Ah ! une belle salade ! – Ah ! un beau tableau ! – Dis, c’est quoi, pour toi, une belle salade ? »).
Au début, ils s’apprennent : le contact est un peu laborieux, et puis ça vient tout seul. Un sujet en amène un autre : les carottes, la vie, les citrouille, la mort, les poireaux, la jalousie, les haricots, l’art, les petits pois, la maladie, les groseilliers, les voyages. Ils cultivent leur jardin, au propre et au figuré. Le lecteur grappille un légume ou un fruit défendu à chaque page.
C’est un dialogue allègre, inattendu, taquin, simple et vrai. Il évolue – comme l’amitié – d’une certaine raideur à une tendresse confiante, à un abandon mutuel assez déchirant. Sous prétexte de parler des salades ( » ah ! une belle salade « ), des poireaux ( » si je les arrose pas, je vais les trouver avec un pompon au bout de la tige « ), des citrouilles ( » les citrouilles, pour moi, c’est le plaisir de les voir venir « ), ils parlent de la vie, de la mort, de la jalousie, de l’art, de la maladie, du bonheur, des voyages, de l’argent des rêves et des peurs. Ça coule de source. C’est bienfaisant, réjouissant et plein de malice.

Dormir?A quelle heure…..


L’ordinateur me « dit  » qu’il est 4h47 , les aiguilles de l’horloge =4h50 et l’heure digitale du four  est restée à 5h 49!!

Mon horloge intérieure ,elle,me dit qu’il est l’heure de dormir…..Je vais donc en finir par le réveil -matin que je ne réglerais  que demain…………..

Un grand monsieur lui aussi….


J’ai mis cette vidéo dans la catégorie « poésie » car Robert Lamoureux ,ce n’est pas que « la chasse au canard »

Le texte:

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine,
Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.

Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m’en flatte.
J’ai tout de fatigué, la voix, le coeur, la rate,
Je m’endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas.
Ou quand je m’en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n’est qu’une vantardise.
On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit !
Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,
Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude,
N’a plus pour se mouvoir que de pâles raisons…
Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon…
Lorsqu’on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre…
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l’oeil morne, le dos rond.
Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond…

Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable,
Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain,
Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s’en user le coeur…
Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur.

Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu’on est le port et la route et le quai,
Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu.

La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste,
C’est le prix d’une journée d’efforts et de luttes.
C’est le prix d’un labeur, d’un mur ou d’un exploit,
Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit.
C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie,
C’est la preuve, Monsieur, qu’on marche avec la vie.

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors est une récompense.

Et vous me conseillez d’aller me reposer !
Mais si j’acceptais là, ce que vous me proposez,
Si j’abandonnais à votre douce intrigue…
Mais je mourrais, Monsieur, tristement… de fatigue.

Robert Lamoureux

30 ans déjà!


HOMMAGE :

Il y a 30 ans, L’Auvergnat et Les copains disaient au revoir à Georges Brassens


Le 29 Octobre 1981, Georges Brassens nous quittait. Il venait d’avoir 60 ans.

Le temps passe, mais les chansons de cet artiste inoubliable sont toujours écoutées par des milliers de personnes, de toutes les générations.

Ces chansons et poésies sont reprises et enseignées dans le monde entier, explique le quotidien Sud-Ouest dans un article en hommage à l’artiste sétois.

Dans sa ville d’origine, on peut d’ailleurs visiter « L’espace Brassens » où, muni d’un casque, chaque visiteur se laisse guider par Brassens qui parle de sa vie et de son œuvre.