Pour en finir avec Auguste le Breton (surtout pour mon plaisir ces billets)


1914. Sa mère « l’oublie » sur son parcours. Il sera adopté par les Pupilles de la Nation! et de la ferme bretonne où il garde les vaches, on le conduit, à huit ans, dans un orphelinat de guerre. Épris de liberté et d’aventures, il s’en èvade à onze ans, puis à douze pour aller en Amérique combattre les Indiens. Rêve d’enfant… À quatorze ans, ces évasions lui valent d’être transféré dans un Centre d’Éducation surveillée, à l’époque endroits implacables. Cette enfance et cette adolescence particulières, il les racontera dans « Les Hauts Murs » et « La loi des rues » .

Ensuite, les choses ne s’arrangent pas : il est couvreur, terrassier, il fréquente la pègre. Là, il noue de solides amitiés avec les voyous  qui, logiquement le baptisent « Le Breton ». C’est le témoin d’un époque aujourd’hui révolue, il racontera plus tard : « Maurice la Gouine, il avait même fait mettre un diam’ dans la canine de son chien. Du folklore, oh la la, c’est pas aujourd’hui qu’on trouverait ça à Paris ! »Lorsque la guerre et l’occupation  arrivent, il fait le bookmaker, possède des parts dans des tripots et des restaurants, affronte parfois les gangsters de la Gestapo française. À la la Libération, on lui remet la croix de guerre, mais pas ce qu’il recherche : pouvoir pénétrer dans les orphelinats et maisons de correction pour s’informer et voir. Il reprend ses activités de bookmaker clandestin. Il raconte cette biographie sous l’Occupation dans 2 sous d’amour.

Maisons de correction suite……..


L’ancêtre de la maison de correction fut instauré en 1820,1830 et prévoyait d’incarcérer de jeunes délinquants dans les prisons. Cependant ce système avait des défauts, en effet le mélange entre les jeunes délinquants et les criminels parfois même récidivistes était souvent de mauvais augure. Il fut essayé plusieurs choses comme la séparation des Mineurs/Majeurs qui n’a pas fonctionné, la construction d’une prison spéciale, la Petite Roquette à Paris en 1836. C’était une prison cellulaire pour mineurs délinquants vagabonds et enfants relevant de la correction paternelle.(Combien de fois avons nous entendu mon frère et moi,notre père nous dire: »Je vais vous « foutre « en maison de correction!) Dans la journée, les jeunes détenus travaillent en silence en ateliers et reçoivent une instruction élémentaire et religieuse. Elle échoua de même à cause de critiques sur son fonctionnement très strict. En 1860, l’heure n’est plus au projet d’éducation, il n’y a plus que le châtiment et l’enfermement dans les colonies pénitentiaires publics. L’état en multiplie la création, les mineurs y sont placés de très longues années, dans une simple logique d’exclusion et de punition. Au 19 ème et 20 ème siècle l’importance accordée par la 3ème république à l’éducation et à la protection de l’enfant, les premiers travaux de psychologie sur la jeunesse délinquante et la constitution dans les tribunaux de comités de défense des enfants feront évoluer la législation. En 1990 L’éducation surveillée devient protection judiciaire de la jeunesse. En 1997, on voit apparaître des centres d’éducation renforcée.

La maison de correction naquit en fait d’un traité du 10 avril 1869sous la forme de « colonies pénitentiaires agricoles », il s’agissait essentiellement de maisons privées à la campagne.

Les maisons « de correction » en France Film « Les hauts murs »


Adapté du roman autobiographique d’Auguste Le Breton, un film émouvant, servi par la juste interprétation de ses jeunes comédiens

Dans les années 30, en France, Yves Tréguier, 14 ans, orphelin de Verdun (Ardennes!!!), s’enfuit de l’orphelinat qui l’hébergeait. L’adolescent est vite retrouvé et aussitôt placé dans un établissement »maison » d’éducation surveillée. Cette bâtisse austère entourée de hauts murs, où la violence règne en maître, a tout du bagne pour mineurs. Dès le premier jour, Yves n’a qu’une idée en tête : s’en échapper et rejoindre New York. Il parvient néanmoins à supporter sa situation quand il sympathise avec une petite bande, dirigée par Blondeau, l’aîné…