Flaubert :Dictionnaire des idées reçues


« Avoir l’esprit bourgeois,c’est penser selon les habitudes de sont milieu et s’y conformer »

« Le propre des gens bêtes est de craindre par-dessus tout de paraître tels.Pour les vaincre,il faut donc les conduire à s’étouffer dans cette crainte …. »

Retrouver son âme d’enfant………Ce film regardant


The Lost World (Les Aventuriers du monde perdu) – 2001 – Stuart Orme

Les Aventuriers du monde perdu


  Les Aventuriers du monde perdu, Le Monde interdit
Genre : Expédition à risques !

UK/ USA/ Allemagne, 2001, 150 min
De Stuart Orme
Avec Bob Hoskins, James Fox, Tom Ward, Matthew Rhys, Elaine Cassidy, etc.

Au début du 20 ème siècle, une expédition dirigée par le Professeur Challenger quitte Londres pour la forêt Amazonienne, en quête d’une terre mythique, où il est dit que le temps s’est arrêté…. et que les dinosaures ont survécu. L’expédition est composée du Professeur Summerlee, un célèbre chasseur, de Lord Roxton et d’un jeune reporter, Edward Malone. Ils vont s’embarquer dans une terrifiante et fantastique aventure, au cours de laquelle ils devront apprendre à survivre dans ce Monde Interdit.

La dernière adaptation en date du célèbre roman de Sir Arthur Conan Doyle est une production de la BBC intitulée The Lost World, plus connue en France sous les titres Le Monde interdit et Les Aventuriers du Monde perdu (à la télévision). Co-produit par Tim Haines (Sur la terre des Dinosaures, Sur la trace des Dinosaures, Nick Cutter et les portes du temps), c’est sans doute le « Monde perdu » le plus réussi à ce jour.

thelostworld200101Le budget, fort de 10 millions de livres, permet d’abord de réunir un casting de prestige : Bob Hoskins  en Challenger, James Fox,(Sherlock Holmes) en Summerlee et Peter Falk (Columbo) dans un rôle inédit : le révérend Kerr. Ces trois stars du cinéma britannique et américain offrent enfin toute la crédibilité nécessaire à leurs personnages, sans parler de la ressemblance physique avec ceux du roman. Ainsi, le Challenger de Bob Hoskins est bien un chercheur bourru assoiffé de gloire, plus humain cependant que celui de Conan Doyle à travers ses faiblesses (vertige, solitude) et son empathie envers les hommes-singes. James Fox, lui, s’éloigne moins du Summerlee original, c’est-à-dire un savant « de salon » sceptique avec les attitudes distinguées d’un aristocrate anglais (son rôle de prédilection). L’opposition de leurs caractères respectifs aboutit à un véritable duo comique, se disputant sans cesse, mais se réconciliant dès qu’ils se mettent dans une situation problématique (prisonniers d’une tribu d’hommes-singes, par exemple…). Le personnage de Peter Falk sert de contrepoids à ce potentiel comique : déchiré entre ses convictions religieuses et la réalité du monde perdu, il fera tout pour empêcher l’expédition d’atteindre le plateau, preuve vivante que Dieu n’existe pas, et sombrera peu à peu dans la folie jusqu’à un final tragique. L’une des meilleures scènes du téléfilm est donc, naturellement, celle qui réunit pour la première fois les trois talents, lors d’un débat anthologique sur l’origine des espèces.

À côté de ces vedettes, les autres acteurs ne se débrouillent pas mal non plus : Matthew Rhys offre un Malone crédible, lui aussi plus nuancé que dans le livre : d’abord trouillard et presque antipathique, ce n’est qu’au bout d’une série d’épreuves humiliantes (déconvenue avec la fille, attaque d’Allosaure, cachette dans les excréments et bien d’autres) qu’il deviendra le héros qu’il voulait être, tandis qu’Elaine Cassidy incarne la touche féminine de rigueur à l’écran (ici Agnès Cluny, la nièce du révérend) avec justesse, sans échouer sur le stéréotype machiste habituel.
thelostworld200105Le choix d’un format en deux parties de 1h15 permet, outre le développement de tous ces personnages, de recréer l’essentiel des péripéties du récit original. Toutes les aventures sur le plateau qu’avait imaginées Conan Doyle sont présentes ici, parfois à la réplique près. À ce titre, Les Aventuriers du Monde perdu est l’une des adaptations les plus fidèles au roman. Stuart Orme ne cherche pas à en faire plus (c’est-à-dire trop) et reste humble même dans sa réalisation plutôt simple, mais très efficace. La scène du tronc d’arbre, en particulier, se passe de 3D pour susciter le vertige…

Dans cette optique d’hommage à l’original, les dinosaures restent principalement les mêmes que ceux du livre : c’est ainsi avec plaisir que l’on retrouve les Iguanodons, que les précédentes adaptations avaient laissé tomber, de même que la redoutable meute d’Allosaures, qui vaut bien tous les T. rex du monde. Sans oublier les Ptéranodons, Hypsilophodons, Diplodocus, Brachiosaures, et même un inattendu Entelodon échappé du documentaire Sur la terre des monstres disparus. L’influence du co-producteur se fait sentir dans la modélisation des sauriens : marionnettes pour les gros plans et images de synthèses pour le reste, le tout signé Framestore, déjà en charge des effets visuels des précédentes productions de Tim Haines impliquant des dinosaures. thelostworld200108Car l’autre point fort du Monde interdit, ce sont bien ses effets spéciaux. En effet, que nous avaient proposé jusque-là les précédentes adaptations ? Des maquettes en mousse sympathiques, mais quoi qu’on en dise peu crédibles, des lézards grossièrement déguisés et de mauvais CGI ridicules. C’est donc bien la première fois qu’on a droit à des dinosaures dignes de ce nom, aussi scientifiquement réalistes que visuellement impressionnants, interagissant sans accrocs avec les personnages lors des nombreuses scènes de croquage d’indigènes. À ce sujet, on ne voit pas beaucoup de sang (télévision oblige), hormis lors du fracassement du crâne d’un Amérindien par les hommes-singes (séquence d’ailleurs reprise à l’identique quatre ans plus tard dans le dernier King Kong). Les primates en question n’ont physiquement, eux, pas vraiment changé depuis 1925 : ce sont toujours des acteurs costumés hirsutes, mais suffisamment repoussants pour faire illusion. En revanche, ils sont montrés de manière encore une fois plus nuancée : ce ne sont pas seulement des monstres sanguinaires bons à exterminer, on les voit aussi prendre soin de leurs petits et enterrer leurs morts.
Enfin, le choix de décors authentiques, en particulier les forêts préhistoriques de Nouvelle-Zélande et le Muséum d’Histoire naturelle de Londres, s’avère être un choix judicieux puisqu’il crée une atmosphère réaliste profitable à l’ensemble du film.

Les Aventuriers du Monde perdu aurait pu en rester là et demeurer un bon film d’aventure rendant hommage au chef-d’œuvre de Conan Doyle. Mais il a également l’originalité de donner une vision plus moderne de l’histoire, à travers l’épisode du massacre des hommes-singes d’abord, auquel Challenger s’oppose dans le but de sauver l’espèce, mais aussi et surtout lors du final à Londres et sa morale écologiste, où les protagonistes, face à la brutalité de la foule londonienne, se rendent compte de leur impact néfaste sur l’écosystème du plateau et décident de se faire passer pour des affabulateurs, préservant ainsi le Monde perdu de l’activité humaine.
Grâce à d’excellents effets spéciaux et des acteurs à la hauteur de leurs personnages, cette production réussit donc avec brio à moderniser le récit tout en restant fidèle au livre, ce qui en fait une adaptation complète, certainement la meilleure depuis la parution du roman.

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