Encore le 1er mai;mais à Fourmies (dans le nord où j’ai vécu longtemps)


Un peu long comme billet,j’en conviens……Mais je le mets surtout pour moi…..

Le premier 1891, à Fourmies, le beau temps est au rendez-vous en ce premier jour du « mois de Marie », un vendredi. Sur les haies du bocage, l’aubépine veut fleurir. Les amoureux ont cueilli des rameaux de frêle blancheur pour les fiancées. Quoi qu’il arrive, les jeunes seront les héros de la fête.

La scène du théâtre est prête: une esplanade rehaussée où la mairie, l’église et des estaminets invitent aux allées et venues, au rassemblement et aux harangues.

A 9 heures, après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, quatre manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie en renfort deux compagnies du 145e de ligne casernée à Maubeuge. Le 84e RI d’Avesnes est déjà sur place.

Dès lors le premier slogan :  » c’est les huit heures qu’il nous faut  » est suivi par  » c’est nos frères qu’il nous faut « .

18h15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel qui contient de 9 balles (une dans le canon et huit en magasin) de calibre 8 mm. Ces balles peuvent, quand la distance n’excède pas 100 mètres, traverser trois corps humains sans perdre d’efficacité. Les cailloux volent ; la foule pousse. Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l’air. Rien ne change. Il crie :  » baïonnette !.. en avant !  » Collés contre la foule, les trente soldats, pour exécuter l’ordre, doivent faire un pas en arrière. Ce geste est pris par les jeunes manifestants pour une première victoire. Kléber Giloteaux, leur porte drapeau s’avance.

 Il est presque 18h25….le commandant Chapus s’écrie :  » feu !feu !feu rapide ! visez le porte-drapeau ! « 

Neufs morts, trente cinq blessés (au moins) en quarante cinq secondes. C’était à Fourmies le premier mai 1891.

Maria Blondeau, 18 ans tuée à bout portant, les yeux dans les yeux de son exécuteur, d’une balle dans la tête
Louise Hublet 20 ans deux balles au front et une dans l’oreille
Ernestine Diot 17 ans une balle dans l’œil droit, une dans le cou, son corps contient cinq balles
Félicie Tonnelier 16 ans une balle dans l’œil gauche et trois autres dans la tête
Kléber Giloteaux 19 ans trois balles dans la poitrine et deux autres dont une à l’épaule
Charles Leroy 20 ans trois balles
Emile Ségaux 30 ans cinq balles
Gustave Pestiaux 14 ans deux balles dans la tête et une à la poitrine
Emile Cornaille 11 ans une balle dans le coeur
Camille Latour 46 ans commotionné après avoir assisté à la fusillade, décédera le lendemain
Charles Leroy, Emile Ségaux, Gustave Pestiaux et Emile Cornaille ne participaient pas à la manifestation et furent atteints par des balles qui ne leurs étaient pas destinées.Ils seront inhumés le 4 mai.

le mausolée des fusillés (photo Alain Delfosse 2008) 

Deux procès auront lieu : le premier à Avesnes sur Helpe le deux mai, les 9 manifestants arrêtés la veille sont condamnés pour entraves à la liberté du travail, outrages et violences à agents, et rebellions à des peines d’emprisonnement de 2 à 4 mois.

Que dit le muguet le premier mai?Mais….


Poète populaire, Georges Brassens a composé ces vers :

« Le premier Mai c’est pas gai:

« Je trime dit le muguet

Dix fois plus que d’habitude

Regrettable servitude.

Muguet,soit pas chicaneur

Car tu donnes du bonheur

Pas cher à tout un chacun

Brin d’muguet,tu es quelqu’un »

Le muguet, fleur de mai –
Jolie fleur porte-bonheur, objet de bien des traditions, le muguet est offert le 1er mai depuis le XVIè siècle. Il est l’insigne de la Fête du travail depuis 100 ans.

Mais,ce qu’on sait moins:!Il est dangereux ce petit brin!!

Le muguet pousse à l’état sauvage dans les sous-bois des régions tempérées. C’est une plante de la famille des liliacées. Son nom scientifique, Convallaria majalis, signifie : lys (leiron) de mai (majalis) de la vallée (convallis). En anglais, il porte le joli nom de « lily of the valley ». En région parisienne, on allait traditionnellement chercher le muguet dans les bois de Meudon et de Chaville, d’où la chanson : « Ce jour-là au Bois d’Chaville y avait du muguet ». On a commencé à le cultiver au XVIe siècle. Une fois planté dans le jardin il est à surveiller car ses radicules se propagent sous la terre et on finit par en retrouver partout, là où on n’avait pas prévu d’en planter !

Le muguet, une jolie plante toxique

Avec son air bien gentil et ses jolies clochettes, le muguet cache bien son jeu : c’est une plante toxique. Toutes les parties le sont, mais en particulier ses fruits, les baies rouges. Il ralentit le rythme cardiaque et augmente la pression artérielle. Il contient en effet des substances telles que la convallarine, la convallamarine et la convallatoxine. L’intoxication se manifeste tout d’abord par des troubles digestifs (vomissements, diarrhées), une ingestion à petites doses verra les effets se limiter à ces manifestations, à plus haute dose, le muguet est mortel. A partir de cinq baies, deux feuilles ou deux tiges, ce sera une prise en charge en hôpital.

L’eau dans laquelle ont séjourné les brins de muguet est elle-même toxique.