Ecrire….Vivre….Pourquoi?


Pensée de la nuit……Divagation de l’esprit…..GrenouilleN’importe……
Et si le propre de l’Homme était de chercher le sens profond de la
Vie et de sa présence sur Terre, de ne jamais trouver ni question ni réponse, juste quelques improbables et ténues propositions et qu’en
cherchant ainsi, il donnait un peu de sens à sa propre existence,
passage en aller simple du presque rien au néant?
Et si le rôle des poètes était plus qu’essentiel, voir primordial dans
l’organisation de la mémoire universelle réduite,en fait, à l’échelle humaine de
la planète Terre?
Et si l’écriture était bien la seule différence entre l’homme et
l’animal, qu’elle n’ait été donnée en cadeau à l’humain que pour
permettre à quelques poètes et écrivains de sentir le sens profond de
la Vie sans jamais le goûter, mais peut- être de laisser la trace pour les
générations futures, tant qu’elles liront un peu, que l’interrogation
est née avec la pensée, qu’elle ne meurt pas avec elle, qu’elle reste
suspendue dans le temps, gravée dans des pages qui aident ceux qui les
lisent à inventer un peu de sens à leur propre existence?
Et si un des lecteurs, découvrant un poète, se mettait à écrire, comme
il écrivait déjà, mais avec en plus, la quasi certitude qu’il mourra
heureux sans avoir découvert la Grande Équation du Bonheur que personne
ne connaîtra jamais, même s’il vivait mille ans?
Et si cet "écri divagateur" devenait écrit-vain et un petit peu poète, parce
que c’était son dû, son droit et son devoir, qu’il calmait les
tourments de son esprit torturé par nature en couchant sur papier sa
quête d’incertitude, la sienne, sans celle des autres, qu’aucun éditeur
ne voulait imprimer ses écrits, mais qu’il s’en consolait en se
persuadant que c’était bien ainsi et qu’il ne pouvait en être autrement?
Et si c’était moi, cet apprenti auteur, que je trouve une paix
provisoire aux tumultes intérieurs simplement dans les mots et que je
sache enfin que j’ai eu de la chance de vivre assez vieux pour savoir
que je ne sais pas grand chose, mais que ce que je sais je me dois de
l’écrire, ne serait-ce que pour moi.
Et si un jour prochain quelqu’un me lit , qu’il trouve à la fin un peu
de baume au cœur à la Vie,cette existence  qui n’a ni sens ni  contresens s’il se met à écrire
pour donner un peu de plaisir à son chemin…
Alors, j’aurai parcouru le mien jusqu’à son extrémité, j’aurai comblé la
partie secrète du sens de ma propre existence, peut-être que je n’en
saurai jamais rien mais que ça n’a aucune importance parce que j’aurai
écrit.
Et si,surtout,je ne me relisais pas?