Les « Ya bon » award ; les préjugés raciaux


 

AFP – mercredi 18 mars 2009, 08h15

Les premiers Y’a bon Awards décernés pour épingler les préjugés raciaux("Y a bon" = rèfèrence à l’ancienne pub reprèsentant un noir africain disant "Y a bon Banania"

La comédienne Aïssa Maïga, animatrice de la soirée  des "Y'a bon awards", ici aux César le 27 février 2009

Les premiers "Y’a bon awards", parodie des César destinée à tourner en dérision les préjugés ethno-raciaux, ont été décernés mardi soir à Paris à l’occasion de la semaine internationale d’action contre le racisme.

Sous les éclats de rire, le député-maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis) Eric Raoult a été décoré "pour l’ensemble de son oeuvre", Luc Ferry, ancien ministre de l’Education nationale, a reçu le prix "Le bruit et l’odeur" pour des propos sur les violences conjugales, qui seraient des "traditions importées" des pays arabes.

Yvan Rioufol, éditorialiste au Figaro a remporté le prix littéraire "de l’Académie bien française" pour s’être inquiété du risque de "défrancisation" dans une France métisse et plurielle.

Sylvie Noachovitch, avocate et candidate UMP aux législatives de 2008 dans le Val-d’Oise, a quant à elle reçu le prix des "Envahisseurs", l’intellectuel et écrivain Alain Finkielkraut celui de "Tu l’aimes ou tu la quittes" et l’animateur de télévision Pascal Sevran décoré à titre posthume.

Animée par la comédienne Aïssa Maïga et l’humoriste Blanche, la soirée était organisée à l’espace Barbara (Paris, 18e arrondissement) par "Les Indivisibles", une association d’une centaine de membres fondée en janvier 2007 en référence au premier article de la Constitution affirmant le principe d’une République "indivisible".

Avec les "Y’a bon awards", clin d’oeil à l’imagerie coloniale du tirailleur africain véhiculée par une célèbre marque de boisson chocolatée, l’association entend "responsabiliser les personnalités médiatiques et publiques dans leurs propos" et "susciter un débat citoyen".

Le footballeur Lilian Thuram, qui faisait partie du jury, était présent. Aucune personnalité nommée n’est venue chercher son trophée, une sculpture dorée représentant une peau de banane.

Dimanche, lors des premières Assises nationales de la lutte contre les préjugés, organisées à Paris par SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), ces deux organisations ont affirmé, sondage à l’appui, que pour lutter contre le racisme la pédagogie était plus efficace que les statistiques ethniques.