Gèrard de Nerval: »El Desdichado »

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

2 réflexions sur “Gèrard de Nerval: »El Desdichado »

  1. Ce poème est très beau et triste…il reflète la mélancolie…quand à la perte de l\’être aimé… en tout cas, cette façon d\’écrire, est tellement belle, que ça en ferait oublier le sujet traité… (merci pour tes explications, lol,),
    DeNerval, qui apparemment n\’était pas très bien compris…non ? à son époque,
    dernièrement j\’ai vu un poème de lui chez l\’autre anar (bruce), je connais De Nerval depuis que je te connais, tu imagines ? Comment ai-je fait auparavant pour passer à côté de tant de belles choses ? En tout cas, une chose est sûre c\’est qu\’à présent je connais et tout comme Rimbaud, je ne risque pas d\’oublier…
    bisous à toi
    am-
    m.
     

  2. Toutes les émotions quand elles sont imagées par les mots deviennent poétiques…. De Nerval nous en donne une belle tranche…
    très triste et très belle émotion…
    bisous du soir…
    (f)
     

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